
La Prix Nobel de la Paix et avocate iranienne Shirin Ebadi s'est rendue à Genève vendredi 12 février à l'invitation d'Amnesty International et de la FIDH pour participer à une réunion d'information sur la situation des droits de l'Homme en Iran. Cette réunion était organisée à trois jours de l'Examen Périodique Universel (EPU) de l'Iran devant le Conseil des Droits de l'Homme.
L'EPU est un mécanisme novateur des Nations Unies permettant l'examen, entre Etats, de la situation des droits de l'Homme dans chaque pays, tous les quatre ans.
Shirin Ebadi a violemment dénoncé les violences perpétrées par les autorités envers les dizaines de milliers de manifestants pacifiques qui contestent les résultats des élections de juin dernier. Tortures, viols et assassinats sont perpétrées en toute impunité. Bien que ces crimes soient parfois documentés par vidéo, les autorités n'ont jusqu'à présent pris aucune mesure pour y mettre fin.
Face à l'inaction des autorités, Shirin Ebadi a appelé le Conseil des Droits de l'Homme à créer un mandat de Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l'Homme en Iran, chargé de surveiller en permanence l'action des autorités et de faire suggestions afin de mettre fins aux violations.
cf. également le communiqué de presse de la FIDH suite à l'Examen Périodique Universel de l'Iran (en anglais): http://www.fidh.org/Universal-Periodic-Review-of-Iran-No-commitments
"Les droits de l’Homme :
quiconque prononce ces mots, dans notre occident démocratique, semble entonner
une litanie traditionnelle, une litanie sacrée certes mais qu’on écoute
désormais d’une oreille distraite. Quelque chose qu’il faut dire, répéter,
célébrer, une habitude rituelle. Respectée, mais rien de plus. Au pire, la
télévision nous impose un spot humanitaire concernant des pays lointains, des
nations aux noms incertains, dont les frontières semblent tracées à la règle,
comme celles de l’Afrique profonde, nous parle de régions du Moyen-Orient dont
nous parviennent des images d’enfants ensanglantés, en pleurs, de femmes
voilées qui hurlent, de nouveaux massacres et parfois de nouvelles
protestations, de nouvelles interventions de l’ONU, aussi inutiles que les
précédentes. Mais dans la plupart des cas : rien. Les droits de l’Homme
seraient devenus un domaine réservé aux spécialistes, les préposés aux dossiers
au sein des institutions spécialisées ou des ONG indépendantes. L’occident,
bien souvent, ne se sent pas concerné par ces problèmes, quand il prétend s’y
intéresser c’est un peu comme s’il faisait un cadeau à ces pays de seconde
classe, une concession des démocraties aux Etats encore à genoux, mal
développés, difformes. Comme si la question des droits de l’Homme se posait
toujours ailleurs, comme si concrètement il s’agissait encore et toujours du
problème des autres.


