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jeudi 14 février 2008
Par FIDH le jeudi 14 février 2008, 15:12
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jeudi 13 décembre 2007
Par FIDH le jeudi 13 décembre 2007, 15:34
Chose connue : l'époque aime ce qui est hyper, qu'il s'agisse de consommation ou de performances; à défaut de forger des surhommes, elle exalte le dépassement et la présence accrue aux yeux du monde. Parmi les athlètes de la figuration à outrance émettant des signes de leur désir d'ubiquité, on compte dorénavant Mr. Sarkozy, dont l'ambition semble être de faire de la diplomatie un nouveau sport olympique.

Le citoyen naïf contemplant l'écume des choses ne peut a priori s'étonner positivement : d'un côté n'a-t-on pas libéré les infirmières bulgares ? N'a-t-on pas signé pour cinq milliards de contrats lors du déplacement algérien ? Cependant les félicitations à Poutine pour les législatives russes ne viennent-elles pas contrebalancer ces résultats, et le déplacement chinois du Président français sans sa secrétaire aux Droits de l'Homme ne trahit-il pas un acte manqué ? Dans l'inconscient économique libéral le souci des Droits de l'Homme est une gêne qu'il faut atténuer ou évacuer; avoir laissé à quai Mme Rama Yade au profit de la Ministre de la Justice apparaît comme une forme d'oblitération du plan éthique, qui vient troubler un monde des échanges idéal. Parti regagner sur tous les fronts le prestige d'une France qu'il souhaite économiquement forte, on a assisté ces derniers jours à un papillonnage tous azimuts d'un super-VRP, qui par exemple s'est livré à une simplification des enjeux moraux liés au passé colonial de la France en Algérie.
Ici le Président de la France s'est laissé aller à une instrumentalisation de la souffrance, en indiquant que la guerre d'indépendance avait fait « d'innombrables victimes des deux côtés » (Le Monde du 5 décembre 2007); tout en insistant sur son changement de position sur la colonisation, il ne laisse pas choir les colonisateurs, dont on refuse souvent d'examiner la responsabilité dans le marasme de certains pays anciennement colonisés. De la reconnaissance de dégâts qui sembleraient presque collatéraux, d'après ce qui précède, à la réhabilitation des véritables victimes, on n'a pas franchi le pas; la bêtise d'un ministre algérien parlant au sujet de l'élection du président d'un « lobby juif », a fourni à ce dernier un terrain propice à un déplacement en apparence conciliateur : l'occasion d'apaiser les tensions et d'éteindre un départ de feu idéologique lui était fournie, lui offrant au passage l'occasion de deviser en Camus d'opérette sur la ressemblance à s'y méprendre entre un islamiste et un antisémite : « tous deux ont le même visage : celui de la bêtise et de la haine»; évidence bâtie en paravent de fortune, aux fausses bonnes intentions rutilantes venant masquer les dissensions sur la baisse massive des visas d'entrée et de séjour en France – 270 000 en 2001 contre 120 000 en 2006.
On n'ignore pas de l'autre côté de la Méditerranée que la tristesse actuelle de la France est d'avoir créé un ministère spécialement dédié à l'immigration, ni la loi n°667 proposée par Jean Léonetti en février 2005 qui voulait faire reconnaître « l'oeuvre positive de l'ensemble de nos concitoyens qui ont vécu en Algérie(...) ». Déplorons que les paroles de Mr. Sarkozy aient la facture de regrets de circonstance, puisque son déplacement comportait des enjeux commerciaux; sans ce volet commercial, eût-il eu les mêmes propos ?
De là, il faut temporairement conclure que les mentalités rechigent à s'autodécoloniser : on ne nous a pas trompés sur la coupe du costume diplomatique ainsi arboré, mais on y a plutôt laissé voir que tout a un prix sur la scène de ce théâtre-là.
Par FIDH le jeudi 13 décembre 2007, 15:29
Deux explosions ont suffit pour replonger le pays dans le souvenir de la « guerre sale ». Deux explosions ont suffit pour donner un nouveau nom aux héritiers des groupes terroristes algériens d’hier. Deux explosions, enfin, ont suffit pour montrer l’échec de la politique de Concorde nationale du président Bouteflika.
Pour avoir privilégié l’amnistie à la justice, et couvert d’une chape de plomb un passé de larmes et de sang, l’Etat algérien paie en effet aujourd’hui le prix de ses démarches hasardeuses en matière de « lutte contre le terrorisme ». A la répression sanglante et arbitraire des attentats meurtriers, à la compromission probable des forces armées dans des massacres et disparitions encore aujourd’hui niés, a succédé le processus délicat et injuste de « Concorde nationale », qui allait définitivement priver les victimes d’une justice à laquelle elles avaient portant droit.
Dans ce pays où le terrorisme a certainement est également lié à une crise démographique et sociale, ainsi qu’à la monopolisation par un petit groupe de nouvelles et immenses richesses, nier la justice, c’est forcément engendrer cette double frustration qui transforme des personnes ordinaires en monstres capables de planifier le pire.
30 morts, 72 morts, la polémique est stérile. Al Qaïda Maghreb, nouvelle filiale de la holding internationale du terrorisme a frappé, et frappera sûrement encore demain. Tant que ces tensions persisteront en Al Djazaïr, elle y trouvera le terreau sur lequel pousser et s’étendre. Il est maintenant temps pour les autorités algériennes de s’en rendre compte.
vendredi 12 octobre 2007
Par FIDH le vendredi 12 octobre 2007, 11:55

Après l’obligation de l’apprentissage du français, voici que l'on prétend « proposer » des tests ADN pour s’assurer de la filiation des enfants. Chacun sait qu’en fait, si cette loi passe, ces tests seront imposés.
La volonté de pallier l’absence de documents d’état civil ou la fraude travestit la réalité quotidienne que les étrangers candidats au regroupement familial vivent. Dans les faits, les consulats vérifient quotidiennement les documents qui leurs sont produits, n’hésitent pas à les remettre en cause, à en demander de supplémentaires voire à prendre prétexte d’une perte pour les solliciter à nouveau. C’est ainsi que certaines personnes attendent depuis des années des visas qu’ils sont en droit d’obtenir sous couvert d’un arbitraire de plus en plus systématique.
Imposer aux étrangers, ayant le droit de s’établir en France pour tout simplement vivre une vie de famille normale, un test ADN, c’est non seulement renforcer l’arbitraire (et le coût déjà exorbitant des formalités) mais c’est admettre que les étrangers et leurs familles n’ont pas les mêmes droits fondamentaux que les français.
La France interdit, en effet, hors décision de Justice ou besoins médicaux, de procéder à de tels tests tout simplement parce qu’elle considère, à juste titre, que la définition de la famille ne se borne pas au lien biologique.
Réduire la filiation au seul lien biologique, c’est non seulement appliquer un traitement discriminatoire aux étrangers mais c’est aussi nier qu’une famille, ce sont des liens d’une autre nature que ceux du sang.
En décidant d’imposer un tel test aux étrangers, le législateur français nie l’histoire personnelle de chacun.
C’est l’humanité d’hommes, de femmes et d’enfants qui est déniée en la réduisant à une chaîne de molécules.
Nous voulons affirmer solennellement que, venant après de multiples mesures restrictives et vexatoires, après les propos insultants tenus à Dakar par le président de la République française, nous ressentons cet amendement de la majorité des députés français comme une injure faite à notre identité humaine.
Nous n’acceptons pas que la France institue ainsi une xénophobie d’Etat.
La FIDH et la LDH
vendredi 1 février 2002
Par FIDH le vendredi 1 février 2002, 10:38
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