Si la répression à l'encontre des mouvements organisés par la société civile en général s'est accentuée ces dernières années en Iran, nous sommes témoins que les militantes des droits des femmes font l'objet de représailles toujours plus sévères. Depuis juin 2006, des dizaines de militantes pour les droits des femmes ont fait l'objet de mesures de rétorsions extrêmement sévères ; nous vous exprimons aujourd’hui notre soutien le plus ferme dans le combat courageux que vous menez.

Nous soutenons votre Campagne pour l'Egalité lancée en août 2006 et l'initiative visant à recueillir « un million de signatures » et sommes entièrement solidaires de ses objectifs visant la promotion de l'éducation de la population aux droits des femmes et l'abrogation des lois discriminatoires à leur encontre. Vous avez su initier un mouvement exemplaire de par son pacifisme, ses revendications légitimes et son ampleur, et ce malgré les risques, la répression et la censure. En rassemblant des hommes et des femmes de différentes catégories sociales, vous êtes la preuve que les droits des femmes nous concernent tous et que l'évolution ne peut venir que d'un mouvement collectif.

Nous souhaitons particulièrement exprimer notre solidarité avec toutes les femmes arrêtées, détenues, condamnées arbitrairement au motif que les droits des femmes constitueraient une atteinte à la sécurité de l'Etat. Aujourd'hui, nous avons une pensée particulière pour Ronak Safarzadeh et Hana Abdi, arrêtées en octobre et novembre 2007 et incarcérées arbitrairement depuis ces dates, sans aucune charge ni procès, pour le simple fait d'avoir exercé pacifiquement leurs droits. Nous tenons à vous témoigner notre soutien pour votre refus de vous soumettre à l'arbitraire quotidien.

Face à une législation qui dénie aux femmes les droits les plus élémentaires, face à un Etat qui réprime la moindre initiative visant à promouvoir les droits des femmes, vous représentez l'espoir pour toutes les femmes d'Iran. L'espoir qu'un jour, les femmes iraniennes et de partout ailleurs n'auront plus peur d'être arrêtées, emprisonnées ou torturées pour le seul motif d'avoir souhaité un avenir meilleur. Votre engagement n'est pas oublié. Vous n'êtes pas oubliées. Nous, défenseurs des droits de l'Homme, ne pouvons que nous incliner devant la force de vos convictions, vos objectifs, votre courage et votre persévérance.

Aujourd'hui, nous pensons à vous, empêchées de manifester en cette journée qui vous est pourtant dédiée. Nous espérons vivement qu'un jour, cette journée ne sera plus connue pour le nombre d’arrestations, mais pour l'importance des manifestations, et que la journée internationale de la femme pourra être librement célébrée en Iran et partout ailleurs dans le monde.

C Souhayr Belhassen

  • Présidente de la FIDH