Derrière le mot Justice...
Par FIDH le lundi 2 juin 2008, 13:19 - Sur le terrain - Lien permanent
Par Marceau Sivieude
La voiture se lance sur la piste cabossée qui mène au poste kilométrique 12 “où les pires atrocités ont été commises”, nous a t-on prévenu. Le silence se fait pesant et transcrit toute l'appréhension que nous avons à nous rendre sur ce lieux maudit. Cigarette à la bouche, relecture des notes prises en début de mission, chacun cherche un semblant de contenance pour combler le vide qui nous entoure. On regarde défiler la route. Le paysage n'est que désolation. Maisons incendiées, marchés dévastés. Les rares regards que nous croisons reflètent la peur des heures passées. Car l'horreur est passée par là, en plein cœur de l'Afrique, comme pour lui arracher son âme.
En octobre 2002, en République centrafricaine, des rebelles dirigés par l'actuel président Bozizé opèrent une rapide percée vers la capitale dans l'objectif de renverser le pouvoir d'Ange-Félix Patassé. Le chef de l'État est aux abois. Son armée est dépecée. La population est contre lui, lasse de la mal gouvernance. Il est prêt à tout pour garder son siège et les avantages financiers qu'il en retire. Il fait appel aux troupes libyennes, aux milices tchadiennes et aux mercenaires congolais qu'il paye en valises de diamants, pillés sur l'héritage des enfants centrafricains.
La bataille est rude dans la capitale, Bangui. Combats de rue et
bombardements à l'aveugle remplissent les hôpitaux de civils, comme ce petit
garçon de 7 ans rencontré sur un lit sans matelas, branché à quelques fils dont
on ne sait s'ils le reliaient à la vie où ou à la mort. La rébellion
s'essouffle. Elle se replie à plusieurs dizaines de kilomètres dans l'espoir de
regagner des forces pour l'estocade finale. L'heure est à la vengeance. Le
président en sursis lance un contre offensive. Les troupes congolaises ont
carte blanche. Les dieux ont toujours
soif disait
Anatole France, mais ils ont faim aussi. Les droits de la guerre sont alors
piétinés par ses combattants de circonstance que l'on laisse, sans contrainte,
rétribuer sur la bête leurs actes de mort. La population civile, considérée
comme complice des rebelles, devient la cible vulnérable des soldats
criminels.
Le bruit du moteur s'arrête. Trois pierres au milieu de la route servent de barrage. Des gamins, bandeaux rouge à la tête, sandales aux pieds, Kalachnikov en bandoulière, demandent notre identité. Leurs yeux – sans rêve ni avenir, sont enivrés de chanvre. On passe...de l'autre côté du miroir. Les témoignages recueillis sont indescriptibles. Le corps des femmes sont devenus des champs de bataille. Les hommes tués, humiliés. De charniers en charniers, les récits décrivent l'ignoble. Un nom revient comme un refrain morbide : Jean-Pierre Bemba. Ce chef rebelle congolais qui a vendu ses enfants pour les transformer en automates sanguinaires.
Nous sommes revenus plusieurs fois dans ce pays pour essayer de comprendre le pire, lever le voile sur ce qui s'est passé et établir les responsabilités. Les victimes continuent de souffrir la double peine de l'indifférence et de la stigmatisation. La justice ne veut pas les entendre. De l'autre côté du fleuve Oubangi, comme une ultime souffrance, Bemba est nommé vice-président. Il se présente aux présidentielles mais perd de peu la magistrature suprême. Impossible de perdre espoir. On pense à ces femmes qui luttent sans merci pour retrouver dignité et avenir. On démultiplie les appels à réaction. On s'en remet à la justice internationale. Elle hésite. On se bagarre. Elle nous écoute.
Le 25 mai 2008, Jean-Pierre Bemba est arrêté en Belgique. Il devrait être transféré devant la Cour pénale internationale. Une victime crie sur les ondes : “J'ai l'impression de revivre”. Nous aussi.



Commentaires
je felicite la cour pénale mais en tant que congolaise j'aurais voulue voir tous ceux comme bemba ont commis et commettent des crimes dans notre pays connaître le même sort.Pourquoi la cour ne met pas la main sur nkunda,vous attendez que toutes les femmes de l'est de la rdc soient violées,que toute la population soit décimée pour mettre la main sur lui.Que pense la cour à propos des abus sexuels massifs commis par les agents de la mission onusienne au congo sur les enfants;le procureur a t-il dèjà ouvert une enquête ?
MERCI.
Je suis contre la cour pénale internationale car elle est une machine pour des Occidentaux pour matter les Dignes Fils du Pays qu'est le Congo - Zaire.
Les occidentaux aimait mettre au pouvoir des étrangers comme Kabila Hypoplite qui n'a jamais été à l'Université et qui n'a aucune culture scientifique.
Bemba est un digne fils de ce pays et il sortira vainqueur car la CPI n'a aucun crédit et son avenir est incertain et soulevera des crises permanantes.
Qu'est ce qui nous empeche de faire le terrorisme au Congo.
Nous sommes capables de vanger notre leader de toute les manières.
Pourquoi le massacre des Rwuanda à Mbandaka à l'Equateur par Kabila et sa suite reste impuni par la CPI.
Avec Dieu nous vaincrons.
Que Dieu garde J. Pierre BEMBA le vrai Fils de ce pays par rapport à Kabila illettré de naissance.