Russie – Géorgie : sortir des clichés
Par FIDH le jeudi 9 octobre 2008, 14:30 - Carte blanche - Lien permanent
Par Amandine Régamey, Anne Le Huérou, Françoise Daucé
- Universitaires, Chargées de mission de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)
Depuis le début du mois d’août 2008, le conflit en Ossétie du sud a ravivé les clichés médiatiques sur la Russie. Si les références à la « Guerre froide » relèvent de l’envie de retrouver une analyse du monde facile, celles sur la « menace russe » et « l’éternelle tentation impériale » font resurgir des analyses toutes faites et manichéennes. De même, les allusions fréquentes « aux Russes » pour désigner tantôt le Président, tantôt le gouvernement, parfois les forces armées ou encore les principaux médias en Russie, relèvent généralement de l’effet de style mais peuvent parfois atteindre le niveau de l’amalgame, à la fois injuste pour une partie de la population et trompeur pour ceux qui veulent analyser l’actualité. C'est surtout nier l’existence de voix discordantes. Certes peu nombreuses et peu audibles dans un espace médiatique largement contrôlé par l’État, celles-ci s’expriment cependant par la voix de journalistes indépendants ou de groupes et de militants alternatifs qui font entendre une appréciation critique des événements. Il est intellectuellement de fort mauvaise foi de sans cesse regretter d’un côté, que la Russie ne soit pas plus démocratique et de n’accorder, de l’autre, aucune importance aux voix qui s’élèvent pour donner un autre point de vue.
Le 8 septembre 2008, 13 ONG russes ont ainsi signé en commun une déclaration sur le respect des droits de l’Homme dans le conflit russo-géorgien. Ces ONG rappellent que « la défense concrète des droits de l’Homme doit être l’une des missions principales de l’ensemble de la communauté européenne après la crise d’août sur le territoire géorgien ». Loin du discours martial de V. Poutine et D. Medvedev sur la responsabilité géorgienne dans le déclenchement des hostilités, elles rappellent que « la responsabilité des évènements incombe à tous les participants au conflit. Le degré de responsabilité et de faute pour les atteintes concrètes au droit international doit faire l’objet d’une enquête internationale sérieuse ». Certes, ces prises de position restent fort modérées mais elles doivent être resituées dans un contexte politique et médiatique russe extrêmement virulent à l’encontre de la Géorgie. Pour ne prendre qu’un exemple, des sources proches du ministère des Affaires étrangères russe n’ont pas hésité à affirmer, au début du mois d’août, que le gouvernement de Saakachvili reprenait « la tradition de la propagande fasciste de Goebbels ». Dans ce contexte, toute prise de position alternative mérite aussi d’être soulignée.
D’ailleurs, ce ne sont pas seulement les autorités russes qui sont visées par ces déclarations, mais aussi l’Union européenne dont les ONG pointent les graves insuffisances quant à son action dans le Caucase. Alors que ses rencontres récentes avec les officiels russes ont surement flatté l’ego de Nicolas Sarkozy, président en exercice de l’Union européenne, les ONG soulignent que « la relative négligence de l’Europe à l’égard d’un conflit qui dure depuis plusieurs années a contribué au dénouement tragique des évènements ». Le texte des ONG russes ne trouvera sans doute guère d’écho en Russie. Il mérite par contre d’être relayé en Europe occidentale.
Un rééquilibrage similaire s’impose vis-à-vis de la position géorgienne. Si les autorités géorgiennes présentent leur pays comme la principale victime de l’agression russe, il convient de ne pas leur donner carte blanche au nom de l’aide apportée à David contre Goliath. Le soutien inconditionnel au gouvernement de Tbilissi dessert la société et le potentiel démocratique de ce pays. Comme tentent de le rappeler de nombreuses ONG géorgiennes, les pratiques politiques du président Mikhail Saakachvili sont souvent éloignées de la bonne gouvernance démocratique. Depuis la révolution des Roses, de nombreuses dérives politiques (trucage des élections, contrôle des médias, corruption…) ont terni le vernis libéral-démocratique du nouveau régime géorgien. Le 5 septembre 2008, 16 ONG géorgiennes ont publié un questionnaire embarrassant pour le gouvernement de Tbilissi. Elles y demandaient une discussion publique sur les évènements du mois d’août ainsi qu’une libéralisation du régime de la presse (notamment de la télévision). De nombreux militants des droits de l’Homme en Géorgie rappellent les atteintes aux droits fondamentaux de la personne commis dans le pays avant le mois d’août et craignent une extension de ces pratiques aujourd’hui, au nom de l’union sacrée contre la Russie.
Ces quelques exemples montrent qu’il convient aujourd’hui de sortir des clichés est-ouest et d’être attentif aux voix dissidentes, qu’elles émanent de Russie ou de Géorgie. Au-delà de calculs géostratégiques aux conséquences parfois douteuses, l’Union européenne et ses citoyens doivent rester fidèles aux principes démocratiques qu’ils défendent. La guerre a toujours des effets corrupteurs sur les régimes politiques. Elle favorise, à l’intérieur même des Etats, les discours d’exclusion (« qui n’est pas pour le gouvernement est un traître »). Les relations entre la Russie et la Géorgie sont le fruit d’une longue histoire d’échanges économiques et sociaux. Les populations, loin d’être clairement séparées en deux clans rivaux, sont fortement imbriquées. Officiellement, selon les données du recensement général de la population, environ 200 000 Géorgiens vivaient sur le territoire de la Russie en 2002. La Russie, qui connaît à la fois une crise démographique et un fort développement économique, est un pôle d’attraction pour les migrants, notamment caucasiens. En dépit des difficultés qu’ils rencontrent, beaucoup de Géorgiens n’envisagent pas de quitter ce pays. Les Géorgiens de Russie ont été fortement stigmatisés en 2006, lors d’une autre phase aigüe des tensions diplomatiques russo-géorgiennes et vivent à nouveau aujourd’hui sous la menace de violences xénophobes. Des groupes ultra nationalistes, comme le Mouvement contre les migrations illégales (DPNI), ont par exemple menacé de s’en prendre aux Géorgiens installés illégalement en Russie.
Loin du manichéisme des propos entendus ça et là dans les médias, l'analyse du conflit russo-géorgien impose de conserver un prudent recul sur les événements, et surtout, d'entendre l'ensemble des acteurs des société civiles de ces pays. A défaut, cela risque d’être de nouveau le bruit des armes.



Commentaires
Sous une montagne de propos plus ou moins creux, diligents et mêmes contradictoires, la soi-disant FIDH et ses discours font étalage d'une prétendue neutralité dans l'affaire géorgienne qui n'a de sens que pour celui qui porte des oeillères. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que cette ONG, comme ses nombreuses autres consoeurs, toujours en retard d'un conflit, se retrouvent toutes le dos au mur. Elles dénoncent toujours avec vigueur les responsables tiers-mondistes d'événements tragiques qui endeuillent l'un ou l'autre pays pris dans la tourmente. Mais, elles prennent des gants et manipulent avec doigté leurs critiques contre les plus puissants des dirigeants de ce monde qui ne s'embarrassent, eux, d'aucun préjugé pour faire régner leur ordre, celui de la terreur imposée aux petits peuples. Ces manifestations de dernière minute de la FIDH ne valent donc rien d'autre que du pipi de chat.
La critique de Ouchen est affligeante et pourtant bien représentative des problèmes existants.
Cette personne se cachant derrière ce pseudo ne trouve rien de mieux que d'essayer de discréditer la FIDH, cette ONG défendant les Droits de l'Homme. Pourtant il va sans dire que sans l'existence de telles associations et personnes engagées, les droits de l'Homme reculeraient inexorablement. Autrement dit, si ce n'est pas pire, c'est bien grâce à ce genre d'associations, d'actions, d'INFORMATIONS.
En effet, la démocratie c'est avant tout le Peuple souverain, et pour que les choses changent, il faut que le Peuple soit informé (ou puisse s'informer). A l'heure de la télé réalité et people, ce ne sont pas les dirigeants politiques et chefs d'état qui nous informerons avec exactitude sur la réalité. Trop souvent la même sauce de parts de vérité et de mensonge, pour que cela reste comestible.
Donc je comprend encore moins le commentaire vaseux posé par cette personne se cachant sous le pseudo de Ouchen.
Informer de la réalité dans ce conflit complexe, et rendre hommage aux hommes ( et femmes) engagés et intègres dans ces différents pays où la liberté (et la sécurité) n'est pas assurée, en laissant le vœu de ne pas les oublier, je ne vois pas en quoi cela est critiquable ?
Qu'aurait voulu cette personne ?
Un parti pris en sons sens ?
Que propose t'elle ? Que fait elle ? Que nous apprend t-elle ?
Bref c'est ça du vrai pipi de chat !
En dire si peu sur ce qu'elle semble vouloir dénoncer, tout en s'acharnant à vouloir discréditer la FIDH, c'est maitriser l'art de l'occasion perdue de dire quelque chose de concret et d'intelligent.
Pour recentrer le débat sur le vif du sujet en faisant fi du hors sujet caractériel amené par "Ouchen", je pense que le problème est d'abord au delà de ce simple conflit.
C'est le système qui est foireux, hypocrite et non viable à la base.
Quasiment la totalité de la planète fait partie de l'ONU (192 pays pour être exact). Tous ces pays ont gratifié la convention internationale des Droits de l'Homme pourtant il ne doit y avoir que le Bhoutan qui les respecte. La dictature, les tortures et les emprisonnements politiques règnent encore dans de nombreux pays
alors que l'ONU appuyée par les Tribunaux Pénales Internationaux devraient rendre ce fait tout simplement impossible.
Rendons nous à l'évidence, l'ONU ressemble plus à une boutique de marchands d'armes qu'à une réelle organisation décidée et engagée à faire régner la paix et les Droits de l'Homme pour les citoyens des pays signataires. Des enjeux financiers colossaux se cachent derrière tout cela. Les conflits impliquent de l'armement et des prêts financiers, une véritable aubaine rentable pour certains privés dans l'armement ou les banques, quand ce n'est pas dans la drogue. L'enjeu du conflit est toujours financier aussi. En d'autres termes, quand les riches font la guerre, ce sont toujours les pauvres qui meurent.
Pour ce qui est de ce conflit en question, cela ne m'étonnerait absolument pas que se cache derrière cela, outre le gaz et le pétrole acheminés par la Géorgie, une question de guerre en Iran.
Le clan Bush ayant du rendre dernièrement le pouvoir en Irak au gouvernement irakien en faction, il faut en comprendre qu'ils se sont vus priver de ressources pétrolières bon marché. A ce titre, la guerre en Irak n'était pas le fait du hasard. Des experts américains avait décrit l'Irak comme le pays le plus prometteur en gisement et le moins prospecté.
La Géorgie abritait la coalition de l'ONU faisant des manœuvres en vue d'une éventuelle guerre en Irak me semble t-il !
Même les israéliens en faisaient partie.
Il est clair qu'une véritable mascarade se cache derrière ce conflit aux multiples facettes.
Quoi qu'il en soit, je ne voie qu'une issue pour sortir du risque perpétuel de tels conflits pour l'intérêt de privés : une véritable intégrité de la part des dirigeants de l'ONU et des TPI.
Pour qu'enfin les Peuples vivent et profitent de la fraternité raisonnable au lieu de confrontations attisées par des intérêts privés dénués de conscience et d'humanité.
Les pays signataires qui ne respectent pas la convention internationale des Droits de l'Homme (comme la Chine, la Birmanie, etc ...) n'ont rien à y faire sans être constamment sermonnés et sanctionnés par les autres pays.
L'ONU et les TPI doivent en arriver à faire trembler le moindre dictateur de cette planète.
Dans beaucoup de pays signataires de l'ONU, le Peuple est souverain, telle une démocratie.
Le changement viendra donc de la fraternité entre les Peuples, de leur conscience, de leur votes citoyens, des exigences envers les dirigeants, ... afin de faire pencher la balance du coté de la raison et de la Nation plutôt que de l'intérêt de privés lobbyistes complices des pouvoirs en place.
parfois oui :)
juste pour vouss dire vous faite du bon travail merciii