Depuis lors, la société chinoise a évolué, marquée par l’ouverture économique, la privatisation, l’esprit d’entreprise, mais aussi des licenciements massifs, une érosion des droits sociaux et des inégalités croissantes. Sur le plan politique, les lignes rouges à ne pas franchir sous peine de répression sévère restent très étroites. Aujourd’hui encore, avocats, leaders ouvriers, opposants, défenseurs des droits de l’Homme paient cher pour avoir franchi ces lignes rouges.

Comme le souligne China Labour Bulletin, les problèmes qui avaient amené étudiants et opposants politiques à se réunir pacifiquement sur la place Tiananmen en 1989 restent entiers : corruption, atteintes aux libertés d’expression et d’association, absence de démocratie. Mais il y a aujourd’hui des millions de personnes, en Chine, qui protestent quotidiennement contre les violations de leurs droits : victimes d’expulsions forcées, ouvriers licenciés sans indemnités, travailleurs non payés, victimes de la corruption… Chaque jour, des protestations sociales ont lieu dans les différentes provinces de Chine. De nombreuses personnes se battent courageusement pour défendre les droits de l’Homme. Nous devons les soutenir.

Aujourd’hui, nos pensées vont aux proches des victimes de Tian’anmen, dont le nombre est inconnu à ce jour. Ces pères, mères, sœurs et frères des personnes tuées lors de la répression sanglante de 1989 continuent de demander vérité, justice et réparation. La FIDH joint sa voix aux leurs, et est fermement convaincue qu’un jour ou l’autre, ce processus interviendra nécessairement. C’est une obligation juridique et un devoir moral qui pèsent sur les autorités chinoises à cet égard.