Tian'anmen, 20 après : le grand bond vers l'oubli
Par FIDH le mercredi 3 juin 2009, 18:33 - Témoignages - Lien permanent
Par Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH

20 ans déjà ! 20 années ont passé depuis le printemps de Pékin, ce mouvement spontané mené par les étudiants, et rapidement soutenu par de larges segments de la population. Vingt ans depuis que cette jeunesse innocente a été massacrée à balles réelles, écrabouillée par des chars. A l’époque, les témoins de ces événements atroces ont été poursuivis impitoyablement. Aujourd’hui, les autorités chinoises n’ont pas changé de politique : elles font tout pour effacer ce bain de sang de la mémoire collective. Elles opposent le déni et la répression à toute voix demandant une enquête indépendante sur les événements de Tian’anmen.
Depuis lors, la société chinoise a évolué, marquée par l’ouverture économique, la privatisation, l’esprit d’entreprise, mais aussi des licenciements massifs, une érosion des droits sociaux et des inégalités croissantes. Sur le plan politique, les lignes rouges à ne pas franchir sous peine de répression sévère restent très étroites. Aujourd’hui encore, avocats, leaders ouvriers, opposants, défenseurs des droits de l’Homme paient cher pour avoir franchi ces lignes rouges.
Comme le souligne China Labour Bulletin, les problèmes qui avaient amené étudiants et opposants politiques à se réunir pacifiquement sur la place Tiananmen en 1989 restent entiers : corruption, atteintes aux libertés d’expression et d’association, absence de démocratie. Mais il y a aujourd’hui des millions de personnes, en Chine, qui protestent quotidiennement contre les violations de leurs droits : victimes d’expulsions forcées, ouvriers licenciés sans indemnités, travailleurs non payés, victimes de la corruption… Chaque jour, des protestations sociales ont lieu dans les différentes provinces de Chine. De nombreuses personnes se battent courageusement pour défendre les droits de l’Homme. Nous devons les soutenir.
Aujourd’hui, nos pensées vont aux proches des victimes de Tian’anmen, dont le nombre est inconnu à ce jour. Ces pères, mères, sœurs et frères des personnes tuées lors de la répression sanglante de 1989 continuent de demander vérité, justice et réparation. La FIDH joint sa voix aux leurs, et est fermement convaincue qu’un jour ou l’autre, ce processus interviendra nécessairement. C’est une obligation juridique et un devoir moral qui pèsent sur les autorités chinoises à cet égard.



Commentaires
Félicitations à toutes ces personnes qui se battent pour faire respecter leurs droits,et à ceux qui les soutiennent. Il faut combattre toutes ces dictatures partout dans le monde.
J'étais hier place des Droits de l'Homme à Paris et je fus très émue d'entendre tous les représentants des différents organismes présents. Courage à tous pour continuer la lutte pour la justice et la démocratie.