
Patrick Baudouin
- Président d'Honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH)
Article paru dans LE MONDE | 06.12.08 | 13h06 • Mis à jour le 06.12.08 | 13h06 Propos Recueillis par Nathalie Nougayrède
En 1998, on arrêtait Pinochet à Londres, la Cour pénale internationale (CPI) se profilait, une intervention avait mis fin aux massacres en Bosnie, le bloc communiste appartenait à l'histoire. En 2008, les tueries se poursuivent au Darfour, Guantanamo existe... Comparé au 50e, le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme est-il sombre ?
L'année 1998 était une année faste, à rendre optimiste un défenseur des droits de l'homme. La création de la CPI était un événement considérable. Il faut rappeler que pendant longtemps l'idée d'une justice internationale avec une cour permanente et universelle semblait une utopie. Ce rêve se concrétisait. Et puis il y a eu le séisme créé par l'affaire Pinochet, puisque pour la première fois un mécanisme lié à la compétence universelle permettait de procéder à l'interpellation d'un ancien chef d'Etat qui se trouvait rattrapé par son passé et par les crimes qu'il avait pu commettre dans son pays. Il y avait l'idée aussi que peut-être les guerres étaient en récession, l'espoir d'un monde meilleur. Dix ans plus tard, hélas, je crois qu'il faut déchanter par rapport aux espoirs qu'avaient pu susciter les années 1990 et surtout l'année 1998.


