La FIDH condamne fermement la vague
de violences xénophobes qui sévit actuellement en Afrique du Sud et qui aurait
déjà causé la mort de plus de 20 personnes.
Le 11 mai dernier, de violentes attaques ont éclaté dans la banlieue d’Alexandra, au Nord de Johannesburg, avant de s’étendre à toute la province du Gauteng, prenant pour cible les étrangers venant des pays voisins, notamment les Zimbabwéens et Mozambicains.
Ces violences perpétrées contre les étrangers, accusés par beaucoup de sud-africains d’être responsables des malaises sociaux et de la criminalité, ont forcé près de 6000 personnes à trouver refuge dans les églises ou les commissariats de police, expulsés de leur domicile ou tentant d’échapper aux coups de feu, aux incendies et même aux viols.
« Nous sommes profondément attristés par la brutalité de ces événements. Les autorités Sud-africaines doivent prendre des mesures d’urgence pour mettre fin à cette violence xénophobe meurtrière. Elle doivent tout mettre en œuvre pour s’assurer que les responsables de meurtres, viols ou toute autre forme de violence physique soient traduits en justice », a déclaré Souhayr Belhassen, Présidente de la FIDH.
Selon la South African Human Rights Commission, SAHRC, institution dont le mandat est inscrit dans la Constitution, ces attaques sont le résultat de l’échec du gouvernement dans la prévention des sentiments xénophobes.
Ces préoccupations avaient déjà été soulevées par la FIDH dans son récent rapport d’enquête sur la situation des migrants en Afrique du Sud, Surplus People ? Undocumented and other vulnerable migrants in South Africa, rapport qui met en évidence les violations les plus inquiétantes des droits des migrants, imputables à la politique migratoire sud-africaine orientée sur des questions liées à la sécurité et au contrôle de la population.
Lors de la 43ème session ordinaire de la Commission africaine des droits de l’Homme et des peuples (CADHP), La FIDH a appelé la CADHP à adopter une résolution d’urgence condamnant cette situation de crise et à garantir à son Rapporteur spécial sur les réfugiés et les personnes déplacées en Afrique, les moyens nécessaires aux fins de mener une mission d’enquête en Afrique du Sud, dans le cadre de son mandat.







