Le BLOG de la FIDH

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jeudi 19 mars 2009

Une victoire pour les droits des travailleurs dans les chantiers de démantèlement des navires

Bateaux Poubelles

Une victoire pour les droits des travailleurs dans les chantiers de démantèlement des navires au Bangladesh : le 17 mars 2009, à la suite d'une plainte déposée par une association de défense de l'environnement (Bangladesh Environmental Lawyers Association), la Cour suprême décide d'interdire les opérations sur les chantiers qui ne sont pas conformes aux normes environnementales. Aucun des 36 chantiers bangladeshis ne respectent ces normes...

La Cour a par ailleurs interdit que les navires désignés comme « dangereux » par l'organisation Greenpeace entrent sur le territoire. Enfin, aucun bateau en fin de vie ne pourra être démantelé au Bangladesh sans que les substances nocives – telles que l'amiante, les métaux lourds comme le cadmium et l’arsenic, des biocides toxiques ou encore les PCB.- n'aient été préalablement retirées.

La FIDH avait, à maintes reprises, dénoncé les conditions de travail désastreuses qui ont cours sur les chantiers de démantèlement des navires au Bangladesh, où des centaines de travailleurs sont morts en raison d'accidents causés par l’absence de mesures de sécurité ou à cause de maladies liées aux vapeurs et aux matériaux toxiques auxquels ils sont exposés. La FIDH a contribué à cette décision en publiant trois rapports d'enquête et en réalisant un important travail de plaidoyer au sein d'une plateforme d'ONG environnementales et de défense des droits de l'Homme (NGO Platform on Shipbreaking).

Le Bangladesh doit maintenant saisir cette opportunité pour réformer en profondeur une industrie vitale pour le pays.

Plus d'infos:

Ces chantiers qui brisent l'enfance - Rapport FIDH 2008

Les bateaux en fin de vie - Rapport FIDH / Greenpeace 2005

lundi 15 septembre 2008

3 questions à Isabelle Autissier

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Interview menée par Gaël Grilhot

Pour accompagner la sortie du rapport de mission intitulé Ces chantiers qui brisent l'enfance: le travail des enfants dans l'industrie de recyclage des bateaux au Bangladesh, nous avons interrogé Isabelle Autissier sur son engagement pour les droits de l'Homme et les questions environnementales.

1) Nous connaissons tous ton engagement au sujet des questions environnementales, mais tu es également depuis des années aux côtés de la FIDH. Peux-tu revenir en quelques mots sur ces engagements?
Il me semble que ce sont deux engagements complémentaires. Pour que l'être humain se développe, il faut un environnement sain et un corpus de droits. Je fais partie du pool des parrains et marraines de la FIDH depuis 7 ans maintenant. Mon rôle n'est pas, bien sûr de faire un travail juridique, mais de relayer des informations et de faire connaître les situations surtout quand elles touchent un domaine de compétence proche du mien.

2) Le rapport que nous publions ce jour montre un exemple de violations massives des droits de l'Homme commises dans le cadre d'activités ayant un rapport direct avec la mer. Quel est ton sentiment à ce sujet ?
Le rapport sur le travail des enfants dans la déconstruction de ces bateaux poubelles me touchent évidemment de plus près puisqu'il s'agit d'un sujet " maritime". A travers ma propre pratique de la mer et telle qu'elle est perçue dans notre société, elle est plutôt associée à la liberté et à la nature. C'est donc d' autant plus insupportable, surtout car il s'agit de travail d'enfants, pour qui la mer ne devrait être qu'un espace de jeu et d'apprentissage.

3) Pollution, atteintes aux droits du travail : le transport maritime est à l'origine de nombreuses catastrophes humaines et environnementales. Penses-tu que nous puissions arriver un jour à faire en sorte que cette activité devienne plus propre et plus respectueuse des droits humains. Et, surtout comment ?
Ce n'est pas une fatalité. Ce n'est pas le transport maritime qui est en jeu, mais la façon dont il est pratiqué et organisé quand on ne met pas l'homme au centre de la préoccupation. Concernant la pollution maritime , on voit bien qu'on arrive à la limiter quand on responsabilise les acteurs (transporteurs, affréteurs ...) par des réglementations et s'il le faut par des procès. Le même chemin peut être suivi pour les droits de l'Homme. une campagne de sensibilisation est toujours indispensable avant pour dénoncer, informer et faire pression sur les gouvernements. Ici nous sommes plus généralement sur la question du travail des enfants et la responsabilité des "consommateurs" à l'autre bout de la chaîne mérite aussi d'être soulignée.

Le rapport en version anglaise sera en ligne à partir de demain 16 septembre 2008 sur le site de la FIDH (www.fidh.org)

Voir aussi :


Inde / Bangladesh : __Les bateaux en fin de vie - le coût humain de la démolition des navires__

mercredi 10 septembre 2008

Shipbreaking = Childbreaking

childatworkA21.jpg

  • Crédit photo : Ruben Dao

Every year, thousands of ships finish their lives on South Asian beaches and especially in Bangladesh where they are broken down into pieces to be recycled. Hundreds of children are working in the yards to escape poverty. Children normally spend 12 hours a day in a toxic environment and work without any protection. The consequences of such a dangerous labour are obvious on their body, children suffer from injuries, headaches, dizziness, various diseases...If the children become « useless », they are sent back to their villages and become a financial burden for they families.