Le BLOG de la FIDH

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jeudi 21 janvier 2010

Pour la libération de Liu Xiaobo

Appel commun pour décision de non-lieu en second jugement en faveur de l’écrivain Liu Xiaobo
Acat-France, Agir pour les droits de l’Homme (ADH), Comité de soutien au peuple tibétain, FIDH-OMCT (dans le cadre du programme de l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme), Ligue des droits de l’Homme (LDH), Reporters sans frontières (RSF).
Le 25 décembre 2009, le tribunal populaire de seconde instance numéro 1 de Beijing a condamné l’écrivain Liu Xiaobo à onze ans d’emprisonnement et deux ans de privation des droits politiques pour « incitation à la subversion du pouvoir d’État ». Au cours de ce procès rapide, les avocats du prévenu ont plaidé non coupable, affirmant que Liu Xiaobo n’avait fait qu’exercer son droit à la liberté d’expression. Ils ont décidé de faire appel de la décision.
Les organisations soussignées, qui ont manifesté leur vive réprobation lors de l’ouverture du procès, s’indignent de cette condamnation dont elles ne perçoivent aucun fondement juridique. La « subversion du pouvoir d’État » » ne peut s’entendre que comme la confiscation du pouvoir du plus grand nombre au bénéfice d’une faction. Or tous les écrits de Liu Xiaobo défendent les principes de la démocratie et la pluralité d’opinion et d’organisation. Cette condamnation signifie en pratique que l’appareil d’État raye de sa Constitution les droits d’expression, de publication, d’association, de protestation et de manifestation qui y sont inscrits.
Cette condamnation viole la Constitution chinoise, la Déclaration universelle des droits de l’Homme et le Pacte international sur les droits civils et politiques. Par la position même qu’occupe la Chine sur le plan économique international et par celle qu’elle a au sein de l’Organisation des Nations unies et de son Conseil des droits de l'Homme, elle se doit de respecter les devoirs d’une grande puissance, de ne pas faire peser de menaces sur les démocraties et d'observer les principes fondamentaux que sont la pluralité d’opinion, la liberté d’expression et les droits de l’Homme.  

Nous demandons la remise en liberté immédiate et inconditionnelle de Liu Xiaobo et la prononciation d’un non-lieu sans délai lors du procès d’appel.

mercredi 3 juin 2009

Tian'anmen, 20 après : le grand bond vers l'oubli

Par Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH

20 ans déjà ! 20 années ont passé depuis le printemps de Pékin, ce mouvement spontané mené par les étudiants, et rapidement soutenu par de larges segments de la population. Vingt ans depuis que cette jeunesse innocente a été massacrée à balles réelles, écrabouillée par des chars. A l’époque, les témoins de ces événements atroces ont été poursuivis impitoyablement. Aujourd’hui, les autorités chinoises n’ont pas changé de politique : elles font tout pour effacer ce bain de sang de la mémoire collective. Elles opposent le déni et la répression à toute voix demandant une enquête indépendante sur les événements de Tian’anmen.

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jeudi 7 août 2008

Jeux Olympiques derrière les barreaux

A la veille de l'ouverture des JO, le Collectif Chine JO 2008 dresse un bilan des violations des droits de l’Homme, depuis un an, et s’alarme de la situation.

Un constat a été établi à partir des « 8 revendications pour Pékin » et des 40 cas emblématiques de prisonniers chinois, adressés aux autorités chinoises, en 2007.

Certains progrès ont été constatés en matière de droits de l’Homme. L’entrée en vigueur d’une nouvelle loi sur la peine de mort en 2007 aurait permis de faire baisser le nombre des exécutions de près de 25%. Depuis le 1er janvier 2008, un nouveau code du travail plus protecteur est rentré en vigueur. Toutefois, le Collectif reste prudent sur ces avancées car tout ce qui concerne la peine de mort demeure secret d’Etat et l’existence de nouvelles lois ne signifie pas une application systématique.

Au cours de ces derniers mois, la politique répressive du gouvernement a été constante à l’encontre des citoyens, demandeurs de plus de libertés. Sur les 40 cas de citoyens chinois suivis par le Collectif, 37 regarderont les JO derrière les barreaux. Le cyberdissident Hu Jia a été arrêté, puis condamné en avril. Ye Guozhou, victime d’expropriation, devait être libéré le 26 juillet 2008, mais il a vu sa détention repoussée jusqu’en d’octobre. L’évêque Jia Zhiguo qui avait été libéré en décembre dernier a été à nouveau assigné à résidence et placé sous haute surveillance. Sur la liste du Collectif, seules trois personnes ont bénéficié de mesures de clémence : les journalistes Ching Cheong et Yu Huafeng ont été libérés et le dissident Hu Shigen devrait être remis en liberté après les JO. (Plus de détails en annexe).

Le 10 juillet, Nicolas Sarkozy s’est engagé au Parlement européen à exiger, auprès du gouvernement chinois, la libération de prisonniers dont Daniel Cohn-Bendit lui donnerait les noms. L’eurodéputé lui a notamment remis la liste du Collectif Chine JO 2008.

Le Collectif réitère ses appels pour la libération immédiate et sans condition de tous ces citoyens encore emprisonnés ou disparus. Il appelle l’opinion publique internationale à continuer à se mobiliser pendant les JO pour demander la libération des prisonniers politiques.

En savoir plus :

L'Etat des lieux sur les « 8 revendications pour Pékin »

L'Etat des lieux sur les « 40 prisonniers à libérer »

vendredi 11 avril 2008

Chine / TIBET / Droits de l'Homme / PARIS ::: Manifestation du 7 avril 2008

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Photo courtesy of François Maxime / Zoom92130

Claire Keim s'exprime sur les JO de PEKIN 2008 au JT de 13h de France2 - Emission du 10 avril 2008

Source : JT de FRANCE2 du 10 avril 2008 présenté par Elise Lucet

BIENVENUE AU CIRQUE DE PEKIN (ou : le récit d'un homme dans la foule parisienne contestataire)



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par Christophe Gardais

Etant avec des amis et collègues à Paris le jour où la flamme olympique s'y trouvait, nous décidâmes d'apporter notre contribution à la foule qui s'agglutinait et de nous glisser parmi ces anonymes décidés à ne pas le rester.

Le slogan « Pour un monde meilleur », largement édulcoré et désengagé des athlètes français qui n'en finissent pas de tâter le pouls de leur conscience (« Si je me rends à Pékin, la politique moi j'y touche pas » : ils ont raison remarquez, des fois que ça figure sur la liste des substances illicites...) finissait pas avoir l'air d'avoir été écrit à l'encre sympathique tellement il avait déteint au lavage de cerveau. Savoir que David Douillet faisait partie des relayeurs du flambeau en question : ça sentait l'alibi sportif à plein nez de la droite morale face à une organisation chinoise à peine paranoïaque; nul doute : après l'extincteur londonien en guise de premier round agité, la seconde reprise serait enlevée par ceux qui oserait les actions coup de poing.

N'ayant pas de goût pour l'altitude, j'avais laissé à d'autres le soin de s'enchaîner sur la Dame de fer parisienne. Mon idée à moi, issue de ce que j'ai appris jadis sur l'art de se faufiler, aurait été de passer entre les rangs des diverses gardes prétoriennes en présence et de souffler son gaz à cette Bougie gavée de force avec des symboles dénaturés et détournés : on a été quelques milliers à se rêver un quart de seconde en justiciers extincteurs ce jour-là, et bravo à ceux du service de sécurité chinois qui l'ont fait pour nous et malgré eux, ce qui n'évita pas à quelques manifestants de subir des interventions policières musclées. Je savais aussi qu'un Doc Mabuse était là quelque part, dissimulé lui aussi, égrenant des fausses pistes et distribuant ses consignes, réservant ses cartes maîtresses. Ailleurs, les militants chauffaient leurs voix dans l'attente du signal de départ.

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