
par Christophe Gardais
Etant avec des amis et collègues à Paris le jour où la flamme olympique s'y trouvait, nous décidâmes d'apporter notre contribution à la foule qui s'agglutinait et de nous glisser parmi ces anonymes décidés à ne pas le rester.
Le slogan « Pour un monde meilleur », largement édulcoré et désengagé des athlètes français qui n'en finissent pas de tâter le pouls de leur conscience (« Si je me rends à Pékin, la politique moi j'y touche pas » : ils ont raison remarquez, des fois que ça figure sur la liste des substances illicites...) finissait pas avoir l'air d'avoir été écrit à l'encre sympathique tellement il avait déteint au lavage de cerveau. Savoir que David Douillet faisait partie des relayeurs du flambeau en question : ça sentait l'alibi sportif à plein nez de la droite morale face à une organisation chinoise à peine paranoïaque; nul doute : après l'extincteur londonien en guise de premier round agité, la seconde reprise serait enlevée par ceux qui oserait les actions coup de poing.
N'ayant pas de goût pour l'altitude, j'avais laissé à d'autres le soin de s'enchaîner sur la Dame de fer parisienne. Mon idée à moi, issue de ce que j'ai appris jadis sur l'art de se faufiler, aurait été de passer entre les rangs des diverses gardes prétoriennes en présence et de souffler son gaz à cette Bougie gavée de force avec des symboles dénaturés et détournés : on a été quelques milliers à se rêver un quart de seconde en justiciers extincteurs ce jour-là, et bravo à ceux du service de sécurité chinois qui l'ont fait pour nous et malgré eux, ce qui n'évita pas à quelques manifestants de subir des interventions policières musclées. Je savais aussi qu'un Doc Mabuse était là quelque part, dissimulé lui aussi, égrenant des fausses pistes et distribuant ses consignes, réservant ses cartes maîtresses. Ailleurs, les militants chauffaient leurs voix dans l'attente du signal de départ.









