Le 6 janvier dernier, les ministres français de la Justice et des Affaires
étrangères annonçaient la création de pôles spécialisés dans les crimes
internationaux. Patrick Baudouin et Antoine Bernard, respectivement Président
d'honneur et Directeur Exécutif de la FIDH, sont revenus sur cette annonce, au
cours d'interviews accordées à Radio France Internationale, et France 24.
A lire sur France24 Pour Patrick Baudouin, la création d'un
pôle "génocides et crimes contre l'humanité" est "une hypocrisie" Patrick
Baudouin, président de la FIDH, est circonspect : les magistrats du pôle
"génocides et crimes contre l'humanité" voulu par les ministres Bernard
Kouchner et Michèle Alliot-Marie auront-ils les moyens juridiques pour
agir ? Par Ilham HAJJI-FIACRE (texte)
La FIDH est l’un des onze membres d’origine de
« Ultimatum Climatique », une plate-forme regroupant des
ONGs œuvrant pour la protection de l’environnement, des droits humains et de
l’action humanitaire. Celles-ci ont, pour la première fois, décidé de parler
d’une seule voix pour exprimer leur préoccupation face aux conséquences du
changement climatique et appeler le Président Nicolas Sarkozy à agir. Menace
pour des milliers d’individus, de la migration à la sécurité alimentaire en
passant par le droit à l’eau, le changement climatique a des conséquences
directes sur les droits de l’Homme. Ceux-ci ne peuvent plus être ignorés dans
le combat contre le changement climatique.
Monsieur le Président,
Au mois de décembre de cette année se tiendra à Copenhague le Sommet de
l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde
entier devront parvenir à surmonter leurs divergences d’intérêts de court terme
pour se rassembler autour d’un projet politique mondial fondé sur un constat
scientifique objectif et ainsi donner une suite au protocole de Kyoto...
Publication du rapport de l'Observatoire pour la protection des défenseurs
des droits de l'Homme sur les aidants aux sans papiers : "Délit de
solidarité"
par Souhayr Belhassen
Les citoyens qui viennent en assistance aux migrants ne peuvent en aucun cas
être considérés comme des délinquants. Les délinquants, ce sont les
trafiquants. Les citoyens - lorsqu'ils aident les étrangers en situation
irrégulière - défendent le droit à la dignité. Pour la FIDH, et conformément à
l'article 1 de la déclaration universelle des droits de l'Homme :
« Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits.
Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les
autres dans un esprit de fraternité. ». Mais nous avons en France
l'article L 622-4 § 3 du Code pénal qui, en l'état de sa formulation, fait que
lorsqu'on aide un étranger, on est un délinquant sauf dans un cas et sous
réserve d'une condition.
- Le cas vise les situations ou l'acte reproché répondait à un « danger
actuel ou imminent, nécessaire à la sauvegarde de la vie ou de l'intégrité
physique de l'étranger ».
- La condition est que les moyens employés soient proportionnés à la gravité
de la menace! »
Pour nous, c'est ça, l'indignité! Que veulent dire « des moyens
proportionnés à la gravité de la menace »? Bien sur les passeurs, les
trafiquants d'être humains doivent être poursuivis. Cette infamie doit être
sévèrement combattue et réprimée!! Ce que la FIDH dénonce ici, c'est
l'existence d'un délit de solidarité. Contrairement à ce que dit le
Gouvernement, OUI il existe un délit de solidarité en droit francais dès lors
que ces conditions injustes et injustifiées ne sont pas remplies.
Cette disposition du Code pénal date de 1938 et a survécu à toutes les
étapes de l'histoire et à toute les formation politiques! C'est une disposition
qui n'a rien à faire dans un pays comme la France. Comme l'a très justement dit
Thomas Hammarberg, le Haut Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de
l'Europe, « La France est un pays important en Europe. Les autres pays
suivent son exemple. Elle devrait montrer la voie. »
Ce que la FIDH veut dénoncer, c'est la profonde schizophrénie de la
politique française concernant les aidants, qui, en droit international, sont
des défenseurs des droits de l'Homme puisqu'ils se mobilisent pour le droit et
la dignité des autres individus.
En effet, la France, sur le plan international, se mobilise, à juste titre,
pour la protection des défenseurs - aux Nations unies, à Bruxelles. Ici et la.
Insuffisamment, peut-être, mais c'est tout de même la ligne officielle. Les
défenseurs sont protégés en droit international. La France se veut en première
ligne de ce combat. Mais, dès lors qu'il s'agit de garantir les droits humains
des étrangers en France, c'est l'article L 622-4 § 3 qui ressort... On peut dès
lors effectivement parler de schizophrénie, ou pour le moins de
double-langage.
Bien sûr, la France n'est pas la Birmanie, ni la Colombie, ni la Syrie, ni
l'Ouzbékistan ou la Russie... mais les mesures et pratiques en vigueur créent
en France un climat de stigmatisation et de dissuasion des citoyens qui
souhaitent défendre les droits des étrangers en situation irrégulière. C'est
d'autant moins compréhensible et acceptable que les étrangers se trouvent dans
des situations de plus grande vulnérabilité.
Notre préconisation est simple. Cette disposition est contraire aux
obligations internationales de la France en matière de protection des
défenseurs des droits de l'Homme. Nous considérons donc que cet article doit
être amendé et mis en conformité avec la Déclaration des Nations unies de 1998
sur les défenseurs des droits de l'Homme. Nous demandons par ailleurs l'arrêt
des poursuites pénales contre les personnes ayant fourni une assistance
humanitaire aux étrangers sans papiers, ainsi que la fin des garde-à-vues et
des poursuites contre les personnes ayant pris la défense d'étrangers
reconduits à la frontière dans des conditions indignes.
Nous lançons cet appel aux autorités françaises et nous saisissons de ce
rapport les instances et mécanismes de protection des droits de l'Homme aux
niveaux international et européen.
__ Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH__ (discours prononcé lors de la
conférence de presse du 11 juin 2009)
En vidéo :
Sihem Ben sédrine : Chargée de mission de la FIDH et
de l'OMCT, co-auteure du rapport : Délit de solidarité
C’est avec stupéfaction que la Fédération internationale des ligues des
droits de l’Homme (FIDH) et ses chargés de mission, observateurs au procès
d’Yvan Colonna, ont pris connaissance, dans le numéro du Figaro daté des samedi
28 février – dimanche 1er mars 2009, d’un passage de l’article de votre
collaborateur Monsieur Stéphane Durand-Souffland intitulé « La défense de
Colonna se déchaîne contre le président des assises ».
Par conséquent, et en application des dispositions de l’article 13 de la Loi
du 29 juillet 1881 sur le droit de la presse, la FIDH, gravement mise en cause,
entend exercer son droit de réponse et vous demande donc d’insérer dans le
prochain numéro de votre journal le texte suivant :
« Rendant compte de l’audience du procès d’Yvan Colonna du 27 février
2009 dans l’après midi et du retrait de la Cour à l’occasion d’une suspension,
votre journaliste, Monsieur Stéphane Durand-Souffland, écrit
textuellement dans l’article de votre journal daté des 28 février et 1er
mars : « Dans la salle, côté partisans de l’accusé, éclate un
tonnerre d’applaudissements nourris, entre autres, par les trois observateurs
« neutres » de la Fédération internationale des droits de
l’Homme ».
La Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), dont la
crédibilité est ainsi gravement mise en cause, tient à souligner qu’au moment
de cet incident, et exceptionnellement, aucun des trois membres de la mission
d’observation judiciaire de la FIDH ne se trouvait dans la salle d’audience. Il
va de soi par ailleurs que ces observateurs, en conformité avec la déontologie
de la FIDH, sont tenus à une obligation de réserve exclusive de toute
manifestation publique pendant les audiences et ils n’ont en outre communiqué
d’aucune manière depuis le début du procès. Ainsi, le propos de votre
journaliste tendant à discréditer la mission de la FIDH est totalement faux et
particulièrement malveillant.
La FIDH rappelle qu’elle est indépendante de toutes les parties, que ses
observateurs suivent le procès d’Yvan Colonna en toute objectivité, avec le
seul souci de rechercher si les débats se déroulent dans le respect des
principes qui régissent le droit à un procès équitable, notamment quant aux
conditions d’impartialité indispensables à la sérénité de la justice.
Ce n’est qu’à la fin du procès que la FIDH fera connaître ses
conclusions. »
Je vous remercie d’accuser réception du présent e-mail et de confirmer que
votre journal fait bien le nécessaire dans le sens demandé.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Directeur de la rédaction, l’expression
de mes sentiments distingués.
Patrick Baudouin Président d’honneur de la FIDH Avocat à la Cour d’appel de
Paris Coordinateur du Groupe d’action judiciaire de la FIDH Responsable de
l’organisation de la mission de la FIDH au procès Colonna
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Objectif :pousser les Etats africains à RATIFIER les instruments africains et internationaux de protection des droits des femmes et à les RESPECTER en droit et en pratique.