Le BLOG de la FIDH

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mardi 16 février 2010

Iran - Evénement parallèle à Bruxelles, en présence de Shirin Ebadi

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La Prix Nobel de la Paix et avocate iranienne Shirin Ebadi s'est rendue à Genève vendredi 12 février à l'invitation d'Amnesty International et de la FIDH pour participer à une réunion d'information sur la situation des droits de l'Homme en Iran. Cette réunion était organisée à trois jours de l'Examen Périodique Universel (EPU) de l'Iran devant le Conseil des Droits de l'Homme.

L'EPU est un mécanisme novateur des Nations Unies permettant l'examen, entre Etats, de la situation des droits de l'Homme dans chaque pays, tous les quatre ans.

Shirin Ebadi a violemment dénoncé les violences perpétrées par les autorités envers les dizaines de milliers de manifestants pacifiques qui contestent les résultats des élections de juin dernier. Tortures, viols et assassinats sont perpétrées en toute impunité. Bien que ces crimes soient parfois documentés par vidéo, les autorités n'ont jusqu'à présent pris aucune mesure pour y mettre fin.

Face à l'inaction des autorités, Shirin Ebadi a appelé le Conseil des Droits de l'Homme à créer un mandat de Rapporteur Spécial sur la situation des droits de l'Homme en Iran, chargé de surveiller en permanence l'action des autorités et de faire suggestions afin de mettre fins aux violations.

cf. également le communiqué de presse de la FIDH suite à l'Examen Périodique Universel de l'Iran (en anglais): http://www.fidh.org/Universal-Periodic-Review-of-Iran-No-commitments

jeudi 11 février 2010

Pétition internationale : pour la liberté d’expression et la fin de la violence en Iran

Depuis la proclamation des résultats falsifiés de l’élection présidentielle du 12 juin 2009, par centaines de milliers, des manifestants défient l’ordre établi en Iran. Ils expriment leur désir ardent de citoyenneté, s’insurgent contre la fraude électorale et la suppression des libertés. Une terreur aux multiples visages se déchaîne désormais contre eux. Aux forces de sécurité antérieures – la police, les pasdarans et les bassidjis – s’ajoutent des agents en civil, munis d’armes blanches et d’armes à feu, qui s’attaquent aux rassemblements pacifiques pour tuer et blesser les manifestants. Les domiciles privés, les cités universitaires sont attaqués de jour ou de nuit. Les prisons sont le siège de tortures et de viols. Des tribunaux envoient à la mort après des jugements sommaires. L’arsenal judiciaire d’exception est perfectionné.

Cependant, malgré les milliers d’arrestations, les condamnations, les aveux médiatisés de prétendus repentis, le mouvement de contestation populaire ne cède pas à la menace. Alors même que les libertés politiques fondamentales sont inexistantes, il se déploie à chaque occasion et démontre la supériorité de sa stratégie non violente. Le gouvernement iranien, qui comptait sur son épuisement, se heurte chaque jour à de nouvelles vagues de contestation. Celles-ci amènent une radicalisation des slogans, qui visent de plus en plus clairement la structure théocratique du régime iranien.

Rien d’étonnant à ce que, dans ce contexte, une nouvelle vague de répression sanglante menace aujourd’hui la société civile iranienne. Les intellectuels et les démocrates du monde entier doivent lui opposer une réponse immédiate et faire tout ce qui est en leur pouvoir pour protéger le peuple iranien en lutte pour ses droits légitimes. La violence ne peut, en effet, se déchaîner que dans la mesure où l’opinion publique internationale demeure inerte ou indifférente.

C’est pourquoi les soussignés, affirmant leur soutien de principe à la liberté de la presse et la liberté d’expression, exigent la libération des intellectuels, journalistes et militants emprisonnés et torturés en Iran, et plus généralement l’arrêt de la répression qui prive le peuple iranien de son droit à l’autodétermination politique. Ils demandent instamment aux organismes internationaux compétents de faire valoir ces exigences en permanence auprès du gouvernement iranien.

Pour signer cet appel : azadiha@mailfr.com

Premiers signataires :

Ervand Abrahamian, University of New York - Hans Adler, Univesity of Madison - Giorgio Agamben, philosophe (Venise) - Ali Aïjjou, ingénieur-conseil (Maroc) - Hocine Aït-Ahmed, homme politique (Algérie) - Arezki Aït-Larbi, journaliste (Alger) - Kazem Alamdari, California University - Aziz Al-Azmeh, Central European University (Budapest) - Tewfik Allal, coordinateur du Manifeste des libertés (Paris) - Elisabeth Allès, CNRS - Emily Apter, New York University - Rasheed Araeen, artiste (G.-B.) - Srinivas Aravamudan, Duke University - Daryoush Ashouri, Independent Scholar - Jean-Christophe Attias, EHESS - Etienne Balibar, Université Paris-Nanterre - Ali Banuazizi, Boston College - Asef Bayat, Leiden University - Sohrab Behdad, Denison University - Bochra Bel Haj Hmida, avocate (Tunisie) - Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH – Ahmed Benchemsi, directeur de « Tel Quel » - Raja Ben Slama, psychanalyste (Le Caire) - Sana Benachour, Université de Tunis, présidente de l’ATFD - Esther Benbassa, EHESS (France) - Fethi Benslama, Université Paris-VII - Sophie Bessis, historienne (Paris) - Homi K. Bhabha, Harvard University - Jacques Bidet, Paris-Nanterre - Ulrich Bielefeld, Hamburger Institut für Sozialforschung (Allemagne) - Alain Borer, University of Southern California - Mehrzad Boroujerdi, Syracuse University - Rosi Braidotti, professeur (USA) - Rony Brauman, ancien président de Médecins sans frontières - Wendy Brown, California University - Judith Butler, California University - Eduardo Cadava, Princeton University - Marie-Claire Caloz-Tschopp, Université de Genève - Luther P. Carpenter, College of Staten Island - Barbara Cassin, CNRS - Chahla Chafiq-Beksi, écrivain (Paris) - Dipesh Chakrabarty, University of Chicago - Gayatri Chakravorty Spivak, Columbia University - Iain Chambers, Istituto Universitario Orientale (Italie) - Khémaïs Chammari, cofondateur de la LTDH et de l’IADH (Tunisie) - Abdesselam Cheddadi, historien (Maroc) - Houchang E. Chehabi, Boston University - Khadidja Chérif, sociologue, Université de Tunis - Jean Cohen, Columbia University - Drucilla Cornell, Rutgers University - Mehdi Dadsetan, Université de Chambéry - Jean Daniel, écrivain, journaliste - Touraj Daryaee, University of California - Emilio De Ipola, Université de Buenos Aires - Hent De Vries, Johns Hopkins University - Costas Douzinas, Birkbeck Institute (G.-B.) - Waddick Doyle, American University of Paris - Jean-Pierre Dubois, président de la LDH-France - Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix - Zineb El-Rhazoui, journaliste (Casablanca) - Roberto Esposito, Université de Naples - Christopher Fynsk, University of Aberdeen - François Gèze, éditeur - Todd Gitlin, Columbia University - Stathis Gourgouris, Columbia University - Ramon Grosfoguel, University of Southern California - Ariela J. Gross, University of Southern California - Mohammed Harbi, historien - Amir Hassanpour, University of Toronto - Wolfgang Fritz Haug, Universitaet Berlin - Carlos Herrera, Université Cergy-Pontoise - Yves Hersant, EHESS - James Holston, UC Berkeley - Alfonso M. Iacono, Université de Pise - Didier Idjadi, CNAM (Paris) - Jeffrey C. Isaac, Indiana University - Engin F. Isin, Open University, London - Ramin Jahanbegloo, University of Toronto - Alan Johnson, professeur (USA) - Elif Kayi, journaliste (Allemagne) - Michael Kazin, Georgetown University - Jean Kerleroux, journaliste - Françoise Kerleroux, linguiste - Kheloudja Khalfoun, avocate (Alger) - Martti Koskenniemi, International Law - Abdellatif Laâbi, écrivain - Ernesto Laclau, University of Essex - Karim Lahidji, président de la LDDH Iran, vice-président de la FIDH - Jacques Lezra, New York University - Lydia H. Liu, Columbia University – Charles Malamoud, directeur honaoraire, EHESS - Gilles Manceron, historien - Boyan Manchev, CIP - Giacomo Marramao, philosophe (Italie) - Mehrdad Mashayekhi, Georgetown University - Abdelwahab Meddeb, écrivain, Paris-X - Abdelhamid Mehri, homme politique (Algérie) - Deborah W. Meier, editor of Dissent and The Nation - Christoph Menke, Goethe Universitaet Frankfurt am Main - Gilbert Meynier, historien - Mansoor Moaddel, Eastern Michigan University - Claudia Moatti, Université Paris-VIII - Behrooz Moazami, Loyola University - Haideh Moghissi, York University - Yashar Mohtashem, militant associatif (Paris) - Shahrzad Mojab, University of Toronto - Edgar Morin, philosophe - Jean-Luc Nancy, professeur émérite - Antonio Negri, philosophe - Gérard Noiriel, EHESS - Farhad Nomani, American University of Paris - Bertrand Ogilvie, Paris-Nanterre - Anthony Pagden, UCLA - Saeed Païvadan, Université Paris-VIII - Nasser Pakdaman, Université Denis-Diderot - Susan H. Perry, University of California-Irvine - Nasrin Rahimieh, University of California-Irvine - Saeed Rahnema, York University - Josep Ramoneda, directeur du Centre culturel contemporain de Barcelone - Jacques Rancière, philosophe - Judith Revel, Sorbonne-Panthéon - Bruce Robbins, Columbia University - Ruth Rosen, professeur émérite - Jerome Rothenberg, Harvard University - Nourrédine Saadi, écrivain - Foad Saberan, psychiatre - Hazem Saghiya, journaliste - Ranabir Samaddar, Mahanirban Calcutta - Lynne Segal, University of London - Nick Serpe, editor of "Dissent" - John B. Sharp, California University - Alice R. Sharp, California University - Shu-mei Shih, UCLA - Ebrahim K. Soltani, Syracuse University - Bahram Soltani, Paris-Sorbonne - Néguine Sonboli, militante associative (Paris) - Ann Laura Stoler, anthropologue - Benjamin Stora, historien - Pep Subirós, philosophe - Rajeswari Sunder Rajan, New York University - Kamran Talattof, University of Arizona – Khaoula Taleb-Ibrahimi, linguiste - Wassyla Tamzali, essayiste - Nadia Tazi, philosophe - Emmanuel Terray, EHESS - Soraya Tlatli, California University - Nayereh Tohidi, California University - Nadia Urbinati, Columbia University - Farzin Vahdat, Vassar College - Immanuel Wallerstein, Fernand-Braudel Center - Michael Walzer, professeur émérite - Patrick Weil, CNRS - Melissa Williams, University of Toronto - Hossein Ziai, California University - Slavoj Zizek, philosophe - Alenka Zupancic, philosophe.

Avec le soutien de la Ligue de défense des droits de l’homme en Iran (LDDHI), la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), la Ligue des droits de l’homme (LDH), le Comité indépendant iranien contre la répression des prisonniers politiques, et le Manifeste des libertés.

jeudi 25 juin 2009

Evenement en soutien à Silva Harotonian

Répondant à l’appel de la famille de Silva et de son employeur, l’ONG IREX, les soutiens de Silva Harotonian, employée humanitaire iranienne d’origine arménienne, détenue en Iran, se sont réunis à Paris le 24 juin 2009 pour marquer le premier anniversaire de son emprisonnement par les autorités iraniennes.

Une conférence de presse a été organisée, suivie d'un événement symbolique sur le parvis des droits de l'Homme au trocadéro

Etaient notamment présents lors de cet événements :

Mme Klara Moradkhan, porte-parole de la famille et cousine de Silva

M. Robert Pearson, Président de l’IREX, ancien Ambassadeur

Mme Roxana Saberi, journaliste irano-américano récemment libéré de la prison d’Evin (Iran) où elle a partagé sa cellule avec Silva

M. Karim Lahidji, Président de la Ligue des Droits de l’Homme en Iran et Vice-président de la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH)

M. Hadi Ghaemi, Coordinateur de la Campagne Internationale pour les Droits de l’Homme en Iran

Iran post elections : Shirin Ebadi @ The European Parliament

lundi 22 juin 2009

"L'air que nous respirons"

Une version plus courte de cette tribune a été publiée dans le quotidien Libération du 22 juin 2009, sous le titre : "Un climat de peur"

Aussi spontanées qu’elles puissent paraître, les manifestations qui se sont succèdées depuis l’annonce des résultats des élections en Iran ne peuvent pas se résumer à une simple contestation de fraudes électorales. Il n’en reste pas moins que ces démonstrations de foules, et ce en dépit d'une répression de plus importante, sont d’une ampleur historique. Elles brassent tous les pans de la société, et ne peuvent avoir pour origine les seuls cercles de réformateurs. C’est l’ensemble du système iranien qui semble se fissurer, s’effondrer sous le poids de ses contradictions, comme si l’accumulation de frustrations, de tensions sociales et de peurs tout au long de ces derniers mois devait forcément se déverser dans les rues, au mépris du danger extrême que cela comporte.

La Terreur Ces manifestations ne peuvent en effet être interprétées sans une mise en perspective des événements survenus récemment, qui révèlent une montée en puissance progressive de la contestation du pouvoir en Iran. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme*, qui publie ces jours ci son rapport annuel, rappelle ainsi que tout au long de l’année 2008, la répression à l’encontre du mouvement social, qu’il s’agisse des défenseurs des droits des femmes ou des minorités, mais aussi des syndicats et des étudiants, n’a cessé de croître. La fermeture du Centre des Défenseurs des droits de l’Homme en Iran, fin décembre 2008, en a constitué l’un des exemples les plus frappants.

Comme dans de nombreux autres pays, la crise économique a ainsi placé les syndicalistes, les défenseurs du droit à la terre et les autres acteurs du mouvements social dans le collimateur des autorités. Ce n’est ainsi pas un hasard si les jours précédant le premier mai 2008, des arrestations se sont multipliées en Iran, « dans le but », nous dit le rapport, « d’intimider les syndicalistes et de créer un climat de peur ». L’arrestation hier d’un économiste connu pour ses critiques de la politique économique menée par le gouvernement iranien illustre là encore cette tendance.

La Terreur comme méthode de gouvernement, tel semble avoir été le but poursuivi par les autorités iraniennes ces deux dernières années. L’utilisation massive de la peine de mort - plus de 345 sur toute l’année 2008 -, et sa publicité macabre, n’ont eu pour but selon nous que d’accentuer encore ce climat délétère. Mais paradoxalement, la société civile a su utiliser cette violence aveugle de l’Etat, comme levier pour en dénoncer les outrances (utilisation de la lapidation, pendaisons de personnes mineures au moment des faits...), et mettre en évidence l’absurdité d’une telle politique.

Révélateur L’ampleur de la répression n’a eu d’égal que le courage de ces défenseurs iraniens, qui ont osé affronter le régime, et l’ont souvent payé cher. Les femmes, surtout, qui avaient lancé il y a quelques années une « campagne pour un million de signatures » pour réclamer l’égalité de statut entre les genres dans la loi iranienne, ont continué de subir un harcèlement judiciaire constant, mais ne se sont jamais découragées. Elles sont nombreuses aujourd’hui à faire partie des manifestants qui demandent l’annulation du scrutin.

L’ampleur de la fraude électorale a certes joué le rôle de révélateur pour ces Iraniennes et Iraniens qui descendent aujourd’hui dans la rue. Elle a montré aussi que l’engagement de ces défenseur(e)s qui ont dénoncé patiemment et pacifiquement les incohérences de ce système n’a pas été vain. A leur manière, ces avocats, journalistes, militants associatifs, ou simples citoyens ont préparé le terrain nécessaire à cette prise de conscience.

Ils sont - toute proportion gardée - représentatifs du combat de ces milliers d’hommes et de femmes dans le monde, qui eux aussi ont eu à affronter une crispation sociale dans leur pays ces derniers mois, ainsi qu’à une répression accrue, y compris au sein des Etats démocratiques.

Roberto Saviano rappelle fort justement dans la préface du rapport de l'Observatoire que « les droits de l’Homme font partie de l’air que nous respirons, et renoncer à savoir, à connaître et à agir signifie renoncer complètement à soi-même. » avant de conclure, en guise de soutien prémonitoire à la rue iranienne : « n’oublions pas celles et ceux qui se battent pour la liberté, l’égalité et la justice (…) nous devons faire que ce combat n’emprisonne personne, mais nous libère tous ».

Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)

Eric Sottas, secrétaire général de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)

mercredi 20 mai 2009

Le Prix Martin Ennals octroyé à un défenseur iranien, opposant à la peine de mort


Le Prix Martin Ennals 2009 a été décerné aujourd'hui à Emad Baghi.

Fondateur de la Société pour la Défense des Droits des Prisonniers, Emad Baghi est un opposant vigoureux à la peine de mort en Iran. Ses campagnes incluent l’examen de cette question du point de vue de la Loi Islamique (la shari`a) et démontrent l’absence totale d’arguments doctrinaux pour le maintien de la peine capitale. Au cours de la dernière décennie, Baghi a passé quatre ans en prison en raison de ses activités de défense des droits de l’Homme.

Karim Lahidji, vice-président de la FIDH et président de la Ligue de défense des droits de l'Homme en Iran, se réjouit de l'octroi de ce prix :

Pour écouter le son, cliquez sur le lien ci-dessous :

Karim Lahidji

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