Le BLOG de la FIDH

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mercredi 15 octobre 2008

La peine de mort au Japon : trois questions à Robert Badinter

Le gouvernement japonais justifie sa position en faveur de la peine de mort par l'avis de l’opinion publique : en effet, 81,4% de la population y serait favorable. Que pensez-vous de cette argumentation?

En France, en septembre 1981, 63% des français étaient favorables à la peine de mort. Conformément à l’annonce faite par le Président Mitterrand pendant la campagne électorale, le Parlement a voté l’abolition. Attendre un changement de l’opinion pour agir n’est pas la voie la plus propre à l’abolition.

Pensez-vous que la voie vers l'abolition de la peine de mort doit passer par une réforme des mentalités ou par une décision politique?

La décision politique conduit à la réforme des mentalités. Aujourd’hui, en France, l’opinion publique est en majorité hostile au rétablissement de la peine de mort.

La loi du silence prévaut au Japon une fois la condamnation prononcée. La famille du condamné à mort apprend souvent son exécution a posteriori. Que pensez-vous de cette pratique?

Je la trouve inhumaine et révélatrice de la honte qui entache tout recours à la peine capitale dans une démocratie.


***

En 2008, la Coalition mondiale contre la peine de mort a décidé de consacrer la journée mondiale contre la peine de mort (10 octobre) à l'Asie. On estime en effet que 85 à 95% des exécutions du monde ont lieu sur ce continent.

Ce mois-ci la FIDH a publié un rapport de mission d'enquête sur la peine de mort au Japon intitulé : La peine de mort au Japon : la loi du silence, à contre-courant de la tendance internationale.

Les conclusions de ce rapport sont accablantes : le Japon continue de condamner à mort des criminels et de les enfermer pendant des décennies dans des prisons où règnent le secret et l’isolement, dans l’ignorance ou le mépris de l’opinion mondiale.

lundi 13 octobre 2008

Peine de mort au Japon : La Loi du silence à contre-courant de la tendance internationale

Tokyo Detention Center Photo du Tokyo Detention Center depuis l'entrée des visiteurs.

Une mission internationale d'enquête de la FIDH s'est rendue au Japon du 25 juillet au 3 août 2008, afin d'apprécier l'évolution de la situation depuis sa dernière visite en 2002. Malheureusement, et en dépit d'une brève période de "moratoire", le constat s'avère négatif, voire de plus en plus inquiétant. Dans l'ignorance ou le mépris de l'opinion mondiale, le Japon continue à condamner à mort des criminels et à les enfermer pendant des décennies dans des prisons où règnent l'intimidation et l'isolement. Le rythme des exécutions s'est accéléré ces dernières années, 2008 marquant le record en nombre d'exécutions au Japon depuis au moins 15 ans.

Constat :: 13 personnes ont été exécutées cette année. 102 personnes sont actuellement détenues dans les couloirs de la mort.

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