Le BLOG de la FIDH

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Tag - Observatoire

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vendredi 22 janvier 2010

Taoufik Ben Brik emprisonné

A la veille de l'ouverture du procès en appel de Taoufik, sa femme Azza Zarrad revient sur ses conditions de détention et son état de santé.

Vidéo Azza Zarrad

Pour en savoir plus, consulter le site de la FIDH
http://www.fidh.org/-Tunisie-

lundi 22 juin 2009

"L'air que nous respirons"

Une version plus courte de cette tribune a été publiée dans le quotidien Libération du 22 juin 2009, sous le titre : "Un climat de peur"

Aussi spontanées qu’elles puissent paraître, les manifestations qui se sont succèdées depuis l’annonce des résultats des élections en Iran ne peuvent pas se résumer à une simple contestation de fraudes électorales. Il n’en reste pas moins que ces démonstrations de foules, et ce en dépit d'une répression de plus importante, sont d’une ampleur historique. Elles brassent tous les pans de la société, et ne peuvent avoir pour origine les seuls cercles de réformateurs. C’est l’ensemble du système iranien qui semble se fissurer, s’effondrer sous le poids de ses contradictions, comme si l’accumulation de frustrations, de tensions sociales et de peurs tout au long de ces derniers mois devait forcément se déverser dans les rues, au mépris du danger extrême que cela comporte.

La Terreur Ces manifestations ne peuvent en effet être interprétées sans une mise en perspective des événements survenus récemment, qui révèlent une montée en puissance progressive de la contestation du pouvoir en Iran. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme*, qui publie ces jours ci son rapport annuel, rappelle ainsi que tout au long de l’année 2008, la répression à l’encontre du mouvement social, qu’il s’agisse des défenseurs des droits des femmes ou des minorités, mais aussi des syndicats et des étudiants, n’a cessé de croître. La fermeture du Centre des Défenseurs des droits de l’Homme en Iran, fin décembre 2008, en a constitué l’un des exemples les plus frappants.

Comme dans de nombreux autres pays, la crise économique a ainsi placé les syndicalistes, les défenseurs du droit à la terre et les autres acteurs du mouvements social dans le collimateur des autorités. Ce n’est ainsi pas un hasard si les jours précédant le premier mai 2008, des arrestations se sont multipliées en Iran, « dans le but », nous dit le rapport, « d’intimider les syndicalistes et de créer un climat de peur ». L’arrestation hier d’un économiste connu pour ses critiques de la politique économique menée par le gouvernement iranien illustre là encore cette tendance.

La Terreur comme méthode de gouvernement, tel semble avoir été le but poursuivi par les autorités iraniennes ces deux dernières années. L’utilisation massive de la peine de mort - plus de 345 sur toute l’année 2008 -, et sa publicité macabre, n’ont eu pour but selon nous que d’accentuer encore ce climat délétère. Mais paradoxalement, la société civile a su utiliser cette violence aveugle de l’Etat, comme levier pour en dénoncer les outrances (utilisation de la lapidation, pendaisons de personnes mineures au moment des faits...), et mettre en évidence l’absurdité d’une telle politique.

Révélateur L’ampleur de la répression n’a eu d’égal que le courage de ces défenseurs iraniens, qui ont osé affronter le régime, et l’ont souvent payé cher. Les femmes, surtout, qui avaient lancé il y a quelques années une « campagne pour un million de signatures » pour réclamer l’égalité de statut entre les genres dans la loi iranienne, ont continué de subir un harcèlement judiciaire constant, mais ne se sont jamais découragées. Elles sont nombreuses aujourd’hui à faire partie des manifestants qui demandent l’annulation du scrutin.

L’ampleur de la fraude électorale a certes joué le rôle de révélateur pour ces Iraniennes et Iraniens qui descendent aujourd’hui dans la rue. Elle a montré aussi que l’engagement de ces défenseur(e)s qui ont dénoncé patiemment et pacifiquement les incohérences de ce système n’a pas été vain. A leur manière, ces avocats, journalistes, militants associatifs, ou simples citoyens ont préparé le terrain nécessaire à cette prise de conscience.

Ils sont - toute proportion gardée - représentatifs du combat de ces milliers d’hommes et de femmes dans le monde, qui eux aussi ont eu à affronter une crispation sociale dans leur pays ces derniers mois, ainsi qu’à une répression accrue, y compris au sein des Etats démocratiques.

Roberto Saviano rappelle fort justement dans la préface du rapport de l'Observatoire que « les droits de l’Homme font partie de l’air que nous respirons, et renoncer à savoir, à connaître et à agir signifie renoncer complètement à soi-même. » avant de conclure, en guise de soutien prémonitoire à la rue iranienne : « n’oublions pas celles et ceux qui se battent pour la liberté, l’égalité et la justice (…) nous devons faire que ce combat n’emprisonne personne, mais nous libère tous ».

Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)

Eric Sottas, secrétaire général de l’Organisation Mondiale Contre la Torture (OMCT)

vendredi 19 juin 2009

L'obstination du témoignage - Une préface de Roberto Saviano

L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'Homme (FIDH - OMCT) publie aujourd'hui son rapport annuel 2009 . Roberto Saviano, journaliste et écrivain italien, auteur de Gomorra, nous a fait l'honneur de préfacer cet ouvrage, voici son texte :

Roberto Saviano"Les droits de l’Homme : quiconque prononce ces mots, dans notre occident démocratique, semble entonner une litanie traditionnelle, une litanie sacrée certes mais qu’on écoute désormais d’une oreille distraite. Quelque chose qu’il faut dire, répéter, célébrer, une habitude rituelle. Respectée, mais rien de plus. Au pire, la télévision nous impose un spot humanitaire concernant des pays lointains, des nations aux noms incertains, dont les frontières semblent tracées à la règle, comme celles de l’Afrique profonde, nous parle de régions du Moyen-Orient dont nous parviennent des images d’enfants ensanglantés, en pleurs, de femmes voilées qui hurlent, de nouveaux massacres et parfois de nouvelles protestations, de nouvelles interventions de l’ONU, aussi inutiles que les précédentes. Mais dans la plupart des cas : rien. Les droits de l’Homme seraient devenus un domaine réservé aux spécialistes, les préposés aux dossiers au sein des institutions spécialisées ou des ONG indépendantes. L’occident, bien souvent, ne se sent pas concerné par ces problèmes, quand il prétend s’y intéresser c’est un peu comme s’il faisait un cadeau à ces pays de seconde classe, une concession des démocraties aux Etats encore à genoux, mal développés, difformes. Comme si la question des droits de l’Homme se posait toujours ailleurs, comme si concrètement il s’agissait encore et toujours du problème des autres.

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