Le BLOG de la FIDH

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jeudi 20 novembre 2008

Le président Mikhail Saakashvili répond à la FIDH

jeudi 9 octobre 2008

La Nébuleuse du Désordre mondial - partie 1 : la crise géorgienne

Par Christophe Gardais

La conjonction de deux évènements récents le 8 août dernier – envahissement russe en Géorgie, début des JO controversés de Pékin – a relancé la machine médiatique dans une de ses spécialités grotesques : tirer des contresens absurdes en expliquant l'actualité par le recours à des mythes vermoulus.

Tout prêtait à confusion : parades militaires aux pas cadencés, déballages de force, invasions de territoires, recul de troupes en déroute... 2008 est-il l'année du retour de la Force ?

Les trompettes sans sourdines de la propagande nous ont assourdi; la mise en scène comportait la vieille recette du syndrome du retour à la Guerre froide : annonce aussi stupide que celle de la « fin de l'Histoire » quand le bloc de l'Est s'écroula de toutes parts. La conception du retour des événements dans l'Histoire ne tient pas compte de la modification de l'équilibre – ou plutôt du vacillement – des forces en présence. Donc, désolé les simplets, voici des éléments d'analyse plus perspicaces. Penchons-nous dans ce premier volet sur la crise géorgienne.

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Russie – Géorgie : sortir des clichés

Par Amandine Régamey, Anne Le Huérou, Françoise Daucé

  • Universitaires, Chargées de mission de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)

Depuis le début du mois d’août 2008, le conflit en Ossétie du sud a ravivé les clichés médiatiques sur la Russie. Si les références à la « Guerre froide » relèvent de l’envie de retrouver une analyse du monde facile, celles sur la « menace russe » et « l’éternelle tentation impériale » font resurgir des analyses toutes faites et manichéennes. De même, les allusions fréquentes « aux Russes » pour désigner tantôt le Président, tantôt le gouvernement, parfois les forces armées ou encore les principaux médias en Russie, relèvent généralement de l’effet de style mais peuvent parfois atteindre le niveau de l’amalgame, à la fois injuste pour une partie de la population et trompeur pour ceux qui veulent analyser l’actualité. C'est surtout nier l’existence de voix discordantes. Certes peu nombreuses et peu audibles dans un espace médiatique largement contrôlé par l’État, celles-ci s’expriment cependant par la voix de journalistes indépendants ou de groupes et de militants alternatifs qui font entendre une appréciation critique des événements. Il est intellectuellement de fort mauvaise foi de sans cesse regretter d’un côté, que la Russie ne soit pas plus démocratique et de n’accorder, de l’autre, aucune importance aux voix qui s’élèvent pour donner un autre point de vue.

Le 8 septembre 2008, 13 ONG russes ont ainsi signé en commun une déclaration sur le respect des droits de l’Homme dans le conflit russo-géorgien. Ces ONG rappellent que « la défense concrète des droits de l’Homme doit être l’une des missions principales de l’ensemble de la communauté européenne après la crise d’août sur le territoire géorgien ». Loin du discours martial de V. Poutine et D. Medvedev sur la responsabilité géorgienne dans le déclenchement des hostilités, elles rappellent que « la responsabilité des évènements incombe à tous les participants au conflit. Le degré de responsabilité et de faute pour les atteintes concrètes au droit international doit faire l’objet d’une enquête internationale sérieuse ». Certes, ces prises de position restent fort modérées mais elles doivent être resituées dans un contexte politique et médiatique russe extrêmement virulent à l’encontre de la Géorgie. Pour ne prendre qu’un exemple, des sources proches du ministère des Affaires étrangères russe n’ont pas hésité à affirmer, au début du mois d’août, que le gouvernement de Saakachvili reprenait « la tradition de la propagande fasciste de Goebbels ». Dans ce contexte, toute prise de position alternative mérite aussi d’être soulignée.

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