
Par Dismas Kitenge (Vice-président de la FIDH et président du Groupe Lotus)
depuis Kisangani - Les multiples tragédies et drames (massacres, viols,
pillages et destructions méchantes) causés par les rebelles de la LRA (Lord
Resistance Army), une rébellion ougandaise absurde qui fait désormais partie de
l’histoire de la RDCongo ne cessent d’inquiéter et d’étonner plus d’un.
L’on se souviendra que la Vice-ministre ougandaise de Défense, Ruth
Nankabirwa avait accusé, il y a peu, le pouvoir de Kinshasa de ne rien faire
pour pourchasser le chef rebelle Joseph Kony de la LRA et ses hommes. Alors que
depuis plus de 20 ans, les éléments de Kony font des raides meurtriers sur le
territoire ougandais, pillant les villages, mettant en péril la vie des
populations civiles et kidnappant femmes, hommes et enfants. Ils avaient même
résisté à la traque de l’armée ougandaise pendant toute la période de séjour
prolongé d’occupation de la RDCongo.
Avec cette déclaration, Madame Nankabirwa s’était inscrite dans le schéma
traditionnel de Kigali dont l’envoi des soldats sur le sol congolais s’annonce
toujours par des accusations sur l’immobilisme de Kinshasa face aux rebelles de
FDLR.
Même formule, mêmes résultats, les visées de retour des troupes ougandaises
sur le sol congolais ont été matérialisées par des accords signés entre la
tripartite RDC - Ouganda - Soudan, en confiant la mission à leurs armées
respectives de déloger de la RDC, la rébellion de la LRA.
Pour des raisons inavouées, la stratégie de positionnement aux frontières et
en laissant les couloirs de sauvetage a offert l’occasion de dissémination des
rebelles dans le Congo profond. Les populations civiles, sans protection
aucune, sont mises à la rude épreuve.
Après Lungu, Mpangi, Doruma, Faradje, Bahili, … dans le Haut-Uélé, les
ravages et terreur des rebelles de la LRA atteignent, comme un véritable
tsunami, le coeur du district de Bas-Uélé. La localité Pasi (Territoire d’Ango)
a payé les frais de leur fureur au leur passage : incendies et pillages
des villages, violences sexuelles, enlèvements et exécutions sommaires.