Le BLOG de la FIDH

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jeudi 28 février 2008

Mr Kovalev's letter to Mr Putin

Serguei Kovalev Serguei Kovalev is a Russian human rights activist and politician and a former Soviet dissident and political prisoner. He is the president of the Human Rights Institute (Moscow).

Open letter to: Vladimir Putin, President of Russian Federation

Vladimir Churov, Chairman of Central Election Commission of Russian Federation Sergei Lavrov, Minister of Foreign Affairs of Russian Federation

Gentlemen, I have no doubt that you are well aware that the free expression of the will of free citizens via free democratic elections can never result in 99.4% of the votes being cast for one party with a turnout of 99.5% of the voters.

For further information about Human rights in Russia, see :

Memorial website

FIDH website

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samedi 16 février 2008

"Trois de mes journalistes ont été tués" . Intervention de Dimitri Mouratoff, rédacteur en chef de "Novaya Gazeta".


Dimitry Muratov, rédacteur en chef du journal Novaya Gazeta, reçoit le prix international 2007 pour la liberté de la presse décerné par le Comité pour la Protection des Journalistes. Le Comité est une organisation à but non lucratif indépendante fondée en 1981. Il promeut la liberté de la presse dans le monde en prenant la défense des droits des journalistes à diffuser des informations sans peur de représailles. Le Comité a honoré 5 journalistes lors d'une cérémonie qui a souligné la dégradation de la situation des journalistes dans le monde, de plus en plus cibles de représailles du fait de leurs activités, et l'importance de la lutte pour que justice soit faite à ceux qui ont été assassinés.


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Trois de mes journalistes ont été tués.

Trois journalistes exceptionnels.

Igor Dominikoff a été tué pour son enquête sur la corruption dans la province russe. A coups de masse. Dans le vestibule de son immeuble. Il laisse une femme, un fils, de vieux parents.

Mon meilleur ami, mon adjoint, un journaliste célèbre dans toute la Russie, Youri Chekotchikhine, député du Parlement de Russie, a été tué. Pour avoir mené une enquête sur la corruption dans les sphères dirigeantes du pouvoir russe. Il a été empoisonné. Il a perdu sa peau. En une semaine, il a vieilli de 100 ans. Il laisse deux fils. Sa mère est morte, elle n'a pas attendu l'enquête sur son meurtre. Enquête qui n' a commencé qu'en novembre dernier, quatre ans après sa mort.

Le 8 octobre 2006, Anna Politkovskaia, chroniqueuse et journaliste du journal "Novaya Gazeta". Une journaliste de renommée mondiale, une femme très belle.

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mardi 23 octobre 2007

Les prédictions d'Anna

Un an après la découverte du corps d'Anna Politkovskaya dans l'ascenseur de son immeuble, l'enquête sur son assassinat semble sombrer dans la confusion. malgré des débuts prometteurs, et les espoirs placés dans le sérieux des enquêteurs, l'environnement politique et policier qui en a entouré la conclusion tient plus d'un mauvais roman de gare que d'une volonté réelle de faire la lumière sur ce crime et sur ses vrais commanditaires. Mais plus encore que cette mise en scène politico-judiciaire, il est vrai prévisible, c'est l'évolution édifiante des libertés d'expression et d'association en Russie que celle-ci fait ressortir. Une évolution qu'Anna Politkovskaya prédisait déjà dans Douloureuse Russie : l'image d'une société qui s'étouffe, et d'un pays qui devient de plus en plus dangereux pour tous ceux qui tentent de faire entendre une voix divergente.

Officine d'Etat

Nous assistons en effet, impuissants, à la mise en place lente d'une structure étatique extrêmement tatillonne, le Service d'enregistrement fédéral. Les méthodes bureaucratiques de cette institution tentaculaire cachent mal une volonté réelle de paralyser toutes les ONGs indépendantes, voire de les suspendre purement et simplement. Et ce nouvel organe répressif, dont les personnels sont largement issus de l'ex-KGB, est vraiment passé à l'acte ces derniers mois. Citizens' Watch, s'est ainsi vu ordonner la délivrance de trois ans de correspondances (lettres et fax), sous peine d'être suspendue. De même, le Mouvement international des jeunes pour les droits de l'Homme a appris, en août dernier, qu'il était officiellement fermé depuis juin, pour « manque d'activité et existence fictive ». Au total, ce sont ainsi près de 3000 associations qui se trouvent menacées par cette nouvelle épée de Damoclès.

Si cette nouvelle officine d'Etat ne suffisait pas, une loi particulièrement sévère et floue, contre « l'extrémisme », élargit les menaces qui pèsent sur la société civile. Rappelons à ce titre que cette loi – qui a déjà permis d'engager de nombreuses poursuites contre des voix critiques et contestataires, s'est paradoxalement montrée inefficace à lutter contre les organisations d'extrême droite. Alors que celles-ci se livrent quasi-quotidiennement à des attaques à l'encontre d'immigrés, de personnes originaires d'Asie centrale et du Caucase ou de Roms.

La succession de Poutine

Encore ne sont-ce ici que quelques uns des multiples exemples de tracasseries administratives et de harcèlement depuis un an, comme si l'assassinat d'Anna Politkovskaya avait donné le signal d'un étouffement de toutes les voix de résistance, à la veille de scrutins majeurs pour la Russie. En décembre et en mars prochain, les Russes devront respectivement élire leurs nouveaux représentants à la Douma – devenue sous Poutine une simple chambre d'enregistrement des décisions du Kremlin -, et leur nouveau président. Alors que Vladimir Poutine organise un tour de passe-passe institutionnel pour se maintenir au pouvoir, il ne serait en effet pas très prudent de laisser vivre la moindre contestation, susceptible de rappeler aux électeurs russes le conflit tchétchène qui n'est pas terminé, et qui gagne progressivement l'Ingouchie voisine et le Caucase du Nord. Ni le sort des milliers de jeunes recrues victimes de sévices au sein de l'armée russe. Pas question non plus de laisser s'insinuer le moindre doute quant à la justification des procès intentés aux oligarques russes les moins dociles. D'où une mise au pas des organes de presse récalcitrants et des journalistes trop curieux.

« Douloureuse Russie »

Malgré les désaccords de plus en plus visibles entre Poutine et ses partenaires occidentaux, en grande partie liés à des préoccupations géostratégiques, ceux-ci ne remettent pas directement en cause la tendance autoritariste du régime. Certes, le candidat victorieux aux élections présidentielles en France a promis de ne pas tenir sa langue face à Vladimir Poutine en cas de victoire, mais il faut bien le constater, c'était avant le 6 mai dernier ... Enfin, l'Union européenne apparaît aujourd'hui toujours aussi frileuse, soucieuse de maintenir à tout prix un dialogue, que l'absence d'impact et de conditionnalité rend vide de sens. Anna Politkovskaya, nous l'avons vu, pressentait depuis longtemps cette évolution autoritariste du pouvoir en place. Dans les prochains jours, les journalistes ne manqueront pas de citer Douloureuse Russie, dans les hommages qui seront consacrés à leur courageuse consoeur. Qu'ils n'oublient pas alors, au nom de tous ceux qui n'acceptent toujours pas de se résigner en Russie, de citer le sous-titre de cet ouvrage : « Journal d'une femme en colère ».

Souhayr Belhassen : Présidente de la FIDH

Boris Poustintsev : Président de Citizens' Watch (Saint Petersbourg)

Alexeï Simonov : Président de la Fondation de défense de la Glasnost (Moscou)

Jane Birkin : Actrice, ambassadrice de la FIDH


jeudi 11 octobre 2007

Interview de Lida Yusupova de Mémorial (Section Tchéchénie)