Le BLOG de la FIDH

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jeudi 12 mars 2009

La justice contre l'humanitaire ?

Que faut-il penser du mandat d’arrêt lancé contre le président soudanais ? Débat entre Rony Brauman et Patrick Baudouin

La justice contre l'humanitaire ?

Pour la première fois dans sa courte histoire, la Cour pénale internationale (CPI), créée en 2002 par le Traité de Rome, a décidé de poursuivre un chef d’État en exercice. Il s’agit d’Omar el-Béchir, le président du Soudan, tenu pour responsable des exactions au Darfour. Rony Brauman, figure de l’humanitaire, débat avec Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’homme, de la décision prise par le procureur de la CPI de lancer un mandat d’arrêt contre le président soudanais. Fallait-il la différer, puisqu’elle a entraîné l’expulsion immédiate des ONG qui assurent l’aide internationale, notamment dans les camps de déplacés ? Conforte-t-elle la CPI ou l’affaiblit-elle ?

Points de vue divergents

Une interview de Corine Chabaud, publiée dans l'hebdomadaire La Vie du 12 mars 2009

mercredi 4 mars 2009

Premier mandat d'arrêt délivré contre un chef d'Etat en exercice / First arrest warrant issued for a sitting Head of State

Le 4 mars 2009 restera marqué d'une pierre blanche pour les victimes du Darfour : la Cour pénale internationale (CPI) délivre un mandat d'arrêt contre le président soudanais, Omar el-Béchir. Cette décision marque une étape cruciale en matière de justice internationale. C'est en effet la première fois, depuis sa création en 2002, que la CPI délivre un mandat d'arrêt contre un président en exercice. Il s'agit d'une décision particulièrement significative, car elle confirme l'hypothèse selon laquelle tout l'appareil d'Etat soudanais serait impliqué dans les crimes graves commis au Darfour.

La FIDH s'est particulièrement investie dans ce dossier : en réalisant des missions d'enquête et en appelant à la saisine de la CPI par le Conseil de sécurité de l'ONU, elle a contribué à obtenir l'ouverture d'une enquête et la délivrance de mandats d'arrêts contre les plus hauts responsables soudanais – dont le président Béchir.

La communauté internationale doit à tout prix saisir cette opportunité d'agir promptement pour mettre un terme aux crimes qui sont en cours au Darfour.

En savoir + : http://www.fidh.org/spip.php?article6388

4 March 2009 marks a milestone for the victims of Darfur: the International Criminal Court (ICC) issues an arrest warrant against Sudanese President Omar al-Bashir. This decision marks a crucial step in international justice. It is the first time since its creation in 2002 that the ICC has issued an arrest warrant for a sitting Head of State. Furthermore, it is a particularly significant decision since it confirms the assumption that the whole state apparatus has been involved in serious crimes committed in Darfur. FIDH has been particularly involved in this case: by conducting fact-finding missions and by calling for referral of the Darfur situation to the ICC by the United Nations Security Council, FIDH helped to secure the opening of an investigation and the delivery of arrest warrants against the highest Sudanese officials, including President al-Bashir.

The international community must, at all costs, take this opportunity to act promptly to put an end to the crimes currently ongoing in Darfur.

To learn more : FIDH Website

LISTEN TO THE PRESS CONFERENCE

mardi 3 mars 2009

Will Africa Let Sudan Off the Hook?

  • Article by DESMOND TUTU
  • Published: March 2, 2009

THE expected issuance of an arrest warrant for President Omar Hassan al-Bashir of Sudan by the International Criminal Court tomorrow presents a stark choice for African leaders — are they on the side of justice or on the side of injustice? Are they on the side of the victim or the oppressor? The choice is clear but the answer so far from many African leaders has been shameful.

Because the victims in Sudan are African, African leaders should be the staunchest supporters of efforts to see perpetrators brought to account. Yet rather than stand by those who have suffered in Darfur, African leaders have so far rallied behind the man responsible for turning that corner of Africa into a graveyard.

In response to news last July that Luis Moreno-Ocampo, the court’s chief prosecutor, was seeking an arrest warrant for President Bashir for genocide, crimes against humanity and war crimes, the African Union issued a communiqué to the United Nations Security Council asking it to suspend the court’s proceedings. Rather than condemn the genocide in Darfur, the organization chose to underscore its concern that African leaders are being unfairly singled out and to support President Bashir’s effort to delay court proceedings.

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mardi 16 décembre 2008

Une justice de blancs ?

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  • Par Sidiki Kaba, président d'honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH)

Hissène Habré, Charles Taylor, Jean-Pierre Bemba… : la liste s'allonge, de ces dictateurs, chefs de guerre ou tortionnaires du continent africain derrière les barreaux ou poursuivis par une justice extra-nationale. Il y a quelques années, les avancées du droit international nous faisaient espérer dans l’avenir, et nous étions nombreux alors, y compris sur le continent africain, à affirmer haut et fort, que « la peur avait changé de camp ». Enfin, les victimes, longtemps ignorées et laissées à leur sort, allaient avoir gain de cause, se confronter à leurs bourreaux, et pouvoir ainsi re-vivre.

Oui mais avec le temps, le doute s'est progressivement instillé dans une large partie de l’opinion publique africaine. Pourquoi cette liste aussi longue de personnalités africaines ? Aidées par une propagande efficace diffusée dans certains pays, les rumeurs se sont vite transformées en soupçons et les soupçons en accusations : la justice internationale est une justice de blancs, une justice qui ne fait que reproduire des schémas néo-colonialistes. Pire, ceux qui luttent au niveau national ou international pour que soit reconnu aux victimes le droit à la justice, sont désormais stigmatisés, et accusés de faire le jeu des pays du nord.

Il nous faut cependant repenser ici certains faits objectifs. La justice internationale ne s’intéresse pas uniquement aux dossiers du continent africain, les activités du Tribunal Pénal pour l’ex-Yougoslavie en constituant probablement l'exemple le plus probant. Tout comme les Chambres extraordinaires cambodgiennes, dont la mise en œuvre a permis d’instaurer les conditions du jugement d'anciens hauts responsables Khmers rouges encore en vie. Le Procureur de la Cour pénale internationale s'intéresse par ailleurs aux crimes commis en Colombie, en Afghanistan, en Géorgie, ... N’oublions pas également que nous fêtons cette année les dix ans de l’arrestation à Londres d’Augusto Pinochet, un épisode crucial de l’histoire de la justice internationale, qui allait ouvrir la voie à de nombreuses autres procédures nationales ou internationales.

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vendredi 26 septembre 2008

L’Elysée veut freiner la cour de La Haye

La France jouerait-elle les apprentis sorciers ? Depuis la requête, en juillet dernier, du Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) aux juges de la CPI en vue de la délivrance d'un mandat d’arrêt international à l’encontre du président Al-Béchir, les confirmations de tractations les plus inquiétantes nous sont parvenues.

La France, pourtant initiatrice de la saisine de la CPI par le Conseuil en 2005, tente ainsi aujourd’hui de faire émerger une négociation, au prix de l’immunité préalable d’Al-Bechir. De fait, depuis juillet, jamais les crimes internationaux commis au Darfour n’ont été autant pris en compte par la communauté internationale. Il n’est pas anormal dans ces conditions que les grandes manœuvres aient commencé pour circonscrire la Cour.

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mardi 23 septembre 2008

Sidiki Kaba «Ce qui nous choque dans toute cette affaire c'est qu'il s'agit de sauver la peau d’el-Béchir mais personne ne parle des millions de victimes. »

Omar el-Béchir va t-il échapper à la justice internationale ? Le 14 juillet, la Cour pénale internationale a lancé une procédure contre le président soudanais pour « crime de génocide » au Darfour. Mais cette semaine, les grands de ce monde se retrouvent à New York, et le Conseil de sécurité de l'ONU pourrait décider de geler la procédure contre le président Béchir pendant un an. Qu'en pensent les défenseurs des droits de l'homme ?

par Christophe Boisbouvier source : www.rfi.fr

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Sidiki Kaba

  • Avocat sénégalais et président d'honneur de la FIDH
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